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Posts Tagged ‘Guadeloupe’

Avis pour Avignon

In 2.4- Théâtre, 3- Spectacle vivant on 14 juin 2009 at 1:44

Nous relançons l’aventure de Pas de prison pour le vent à Avignon cet été (du 8 au 31 juillet, 12h40 tous les jours) dans le magnifique théâtre du Petit Louvre (tout près du Palais des Papes).

J’y serai dès le 29 juin pour le montage technique avec Antoine Bourseiller, metteur en scène.

Dès le 29 juin, je compte lancer une chronique avignonaise (cahiers d’Avignon) portant un regard sur la vie de cette ville lors du festival, un peu à la manière de mes chroniques hollywoodiennes (cahiers de Californie) de l’été dernier (voir les archives). Ainsi, ceux qui n’ont pu se rendre sur place pourront vivre à travers le prisme de mes textes une aventure d’un mois faite sans aucun doute de galères en tous genres d’une compagnie se produisant dans le off d’Avignon. Restez à l’écoute.

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Ci-dessous, la salle de la chapelle au théâtre du Petit Louvre (225 places à remplir tous les jours au milieu de plus de 800 spectacles présentés à Avignon. Ca c’est téméraire! Que ceux qui ont déjà vu et apprécié ce spectacle fassent circuler le bouche à oreilles. C’est vital.) P.S. Salle climatisée, fauteuils confortables, on peut y dormir à l’aise (voilà un argument publicitaire). En prime, deux extraits vidéos: extrait1, extrait2

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NOIR, dernier ouvrage contre écran noir

In 2- Publications on 28 mars 2009 at 4:14

9782351760710A l’heure où Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances va présenter à Nicolas Sarkozy son rapport concernant notamment les statistiques ethniques auxquelles il est favorable, et les dispositifs pour la discrimination (raciale) positive dont il est devenu le chantre, à l’heure où le CRAN (le soi-disant comité représentatif des associations noires – qu’est-ce qu’une association noire ? et en quoi en est-il représentatif ?- ) pose son écran noir sur la nuit blanche et surfe à contrepied et contretemps sur l’écume mal contrôlée de l’élection d’Obama, je sors mon cran d’arrêt. Il a pour nom NOIR, sous-titré de Toussaint Louverture à Barack Obama. C’est un essai sur la question noire édité par Galaade dans la collection auteur de vue (c’est le second ouvrage de cette collection qui fut récemment baptisé par l’ouvrage à quatre mains d’Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau joliment intitulé L’intraitable beauté du monde). J’y démonte méthodiquement la mécanique de la couleur pour aider à remettre les pendules à l’heure afin que la couleur du temps ne se lise pas seulement sur la Rolex de notre président bling-bling. C’est mieux et moins cher qu’une Rolex (8 euros) si on a peur, avant l’âge de 50 ans d’avoir raté sa vie. Parution le 9 avril. Avril, ne vous découvrez pas d’un fil…de pensée.

Et comme un bonheur ne vient jamais seul, quelques jours plus tard sortira mon ouvrage intitulé Marianne et le mystère de l’Assemblée nationale où la petite héroïne de l’histoire de l’esclavage, raconte aux petits et grands à travers une de ses aventures oniriques (un polaroïd bizarroïde un peu burlesque qui renvoie de l’autre côté du miroir) le fonctionnement, l’histoire, la structure, l’esprit et les couloirs de l’Assemblée nationale. Une autre manière de remettre les pendules à l’heure de la démocratie décidément bien agitée sous les giboulées. Une coédition Gallimard-jeunesse/Assemblée nationale. Collection Giboulées (justement). A paraître le 25 avril.

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Guadeloupe sur Seine

In Chronique des matins calmes on 3 mars 2009 at 10:17

Le problème guadeloupéen tel qu’il s’exprime aujourd’hui est l’expression d’une situation sociale qui a des racines profondes dans l’histoire coloniale française. Ce n’est pas le moindre intérêt de cette crise qui trouve en France un bel écho médiatique que de jeter une lumière nouvelle sur cette partie de l’histoire de France. Histoire de France, oui, et non simplement histoire des outre-mers. Car c’est une question posée à la relation séculaire qu’entretient la France avec ses territoires dits outre-mer. Gerty Archimède fait partie de ces élus qui, en 1947 se sont battus avec Césaire pour que les Antilles, la Guyane et la Réunion deviennent des départements français, ce dans le but d’obtenir les mêmes droits sociaux et politiques que ceux qui sont en vigueur dans l’hexagone. La départementalisation a eu lieu, mais l’espoir d’égalité territoriale a été déçue. Gerty Archimède (décédée en 1980), m’a confié peu de temps avant sa mort (elle était ma grande-tante), qu’elle en venait à regretter cette victoire de la départementalisation parce que sous certains aspects, notamment ceux des droits sociaux, rien n’avait progressé en regard de l’ancien statut colonial.

Le combat actuel tel qu’il s’exprime dans cette grève qui dure depuis plus de cinq semaines, est bien à la fois une lutte sociale et une lutte politique de fond pour que soit enfin pris en compte la question du statut des départements d’outre-mer. Révision du statut ne signifiant pas nécessairement indépendance, mais reconsidération de la réalité sociale, économique et politique du fobctionnement de ces département et de leur relation avec la métropole. Ne répondre qu’aux demandes sociales actuelles pour faire taire momentanément la colère, reviendrait tout compte fait à mettre une cautère sur une jambe de bois, soigner le symptôme et laisser courir la maladie.

Dans ma pièce Pas de prison pour le vent ( écrite en 2005, créee en Martinique en 2006, elle va être reprise cet été en Avignon), Angela Davis et Gerty Archimède s’entretiennent sur la question antillaise. Voici un extrait de ce dialogue qui me semble jeter une lumière particulière sur ce qui se passe aujourd’hui en Guadeloupe:

Gerty Archimède à Paris. Pain et force de l'ordre...

Gerty Archimède à Paris. Pain et force de l'ordre...

Gerty : Et pourquoi tout cela, parce que ce n’est pas l’océan qui sépare, c’est la Seine. Rive gauche et rive droite. Nous sommes rive droite, très au large, à la dérive, périphériques extérieurs. Pour se battre contre cela, nous n’avons d’autre choix que passer rive gauche dans cette grande cathédrale où les lois scélérates sont votées, et se battre contre elles.

Angela : La Seine, je l’ai vue, étudiante à Paris. J’ai vu des femmes antillaises pleurer et trembler, s’enfermer dans leur chambre. Dehors, au milieu de la Seine, des cadavres par dizaines. Elles tremblaient d’être prises pour des femmes algériennes. Êtes-vous donc des rois et des reines, avez-vous un sang bleu qui vous coule dans les veines ? En quoi seriez-vous différents de tous ceux qu’on poussait ces jours-là dans les eaux de la Seine ?

Gerty : En quoi serions-nous différents ? Mais c’est simple, mademoiselle, nous, on se jette tous seuls dans la Seine. Pas besoin de pousser. Quand la loi s’applique de manière différente d’un côté ou de l’autre de la Seine, on se jette au milieu. La République nous a faits ce que nous sommes et la République est ce qui se trouve au milieu. Elle est ce sang bleu qui nous coule en plein cœur et nettoie nos artères qu’un sang rouge oxygène. Elle est notre liberté et nos chaînes, notre amour et la haine de nous-mêmes, notre défi et toute notre tragédie. Car le blanc au milieu parfois nous sépare de nous-mêmes.

“Ta mémoire, Petit Monde” chez Gallimard

In 2.3- Romans on 1 octobre 2005 at 8:46

memoire-foix.gif« Petit monde », ti moun en créole, c’est Lino, l’enfant que fut l’auteur et dont il se souvient.
Il a huit ans quand il quitte son île de Guadeloupe avec Lucia, sa mère, et s’embarque pour la métropole. Dix jours de traversée qui vont tout bouleverser, et marquer douloureusement la déchirure avec Aurèle, l’ouvrier de la mer, qu’il aime comme un père, les melons de maman Telle, les accents du pays, et les averses qui réveillent les parfums de la terre.
Tôt levée, tard rentrée de l’hôpital où elle fait des ménages, Lucia, mère courage à laquelle Lino apprendra l’orthographe et la grammaire, parvient à recréer un écosystème créole au rez-de-chaussée du dernier immeuble de Bondy.
Plus tard, l’hôpital de Berck-Plage où Lino est envoyé sera une autre déchirure, mais il en reviendra avec un nouveau rapport au monde. Puis il y aura d’absolues nouveautés : les filles, la découverte de la psychanalyse… La lecture passionnée de Tristes Tropiques, de Lévi-Strauss, et la mort d’Aurèle marqueront la fin de l’enfance et la dernière émancipation.
À travers la mémoire de l’enfant, ce petit monde dans le monde, c’est aussi toute une poétique de la banlieue qui surgit.

Ta mémoire, Petit Monde
Roman d’Alain Foix
Collection « Haute Enfance », Gallimard, 2005
Prix : 12,50 euros

Sélection du Prix des Amériques insulaires 2006