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Comme une théorie des nuages. Art lucinant!

In Chronique des matins calmes on 17 novembre 2009 at 7:37

L’espace n’est qu’un visage du temps car le temps vit dans toute forme, toute matière, toute structure. Tout être est temps et toute forme mouvement. Et si tout n’était que nuages ? Comme la pensée qui est mouvement et comme l’art qui est d’abord danse et geste, saisie formelle du temps. Et si l’art n’était d’abord que cela : un condenseur humain qui offre à l’homme toute l’épaisseur du temps, une fenêtre sur l’empire de son envol ? Alors quel effroyable blasphème envers l’essence même du grand Tout que ce vers du poète : Ô temps suspends ton vol. Un vers comme lame d’un impossible suicide car même mort le temps charrie notre être dans le mouvement de la matière. Alors il faut bien croire que l’artiste est ouvrier du temps comme le prêtre est ouvrier de Dieu. Il est celui qui par le geste, le mot, le son, l’image et le rituel raccorde chacun à l’infini. L’artiste travaille le temps et le saisit en chaque instant. Instant qui fait de lui un artisan, un travailleur qui travaille à tâtons et qui demande qu’on lui laisse du temps, matière insaisissable de son ouvrage.

Comme une manière d’illustration de mes pauvres mots, je vous invite à regarder ci-dessous la vidéo d’une œuvre saisissante et proprement hallucinante où rien n’est centre, toujours périphérie comme un nuage qui danse et qui se plie au mouvement incontrôlé de ses molécules. Comme dans tout mouvement borroméen, le tout est dépendant du mouvement de ses parties. Est-ce de la danse ? De la peinture ? De l’écriture ? De la musique ou de l’architecture ? Le tout bien certainement. Ici chaque partie vit comme une réponse au tout qui le précède, créant un nouveau tout et ce à l’infini. Une lancinance, hallucinant, art lucinance.

Et c’est signé  Blu and David Ellis

« Je danse donc je suis » chez Gallimard Jeunesse

In 2.1- Essais, 2.2- Jeune Public on 1 octobre 2007 at 1:36

jedanse-foix.gifLa danse est, comme le paysage ou la conversation, une dimension privilégiée pour questionner le sujet dans sa relation au monde, au corps, au langage, à l’espace, au temps. « La danse est un phénomène social total », disait Marcel Mauss.

Elle concerne donc en premier lieu l’enfance car elle est dans toute société un des premiers outils de l’expression. Elle repose sans cesse la question de la relation entre l’âme et le corps. Mais elle permet aussi d’amener à une véritable réflexion philosophique sur le corps en mouvement.

Aujourd’hui, il y a peu de réflexions de ce type consacrées à la danse et l’originalité de ce petit livre fait qu’il pourra intéresser aussi bien les petits que les grands.

Je danse donc je suis
Essai d’Alain Foix, illustrations de El Don Guillermo
80 pages, ill., 125 x 200 mm. Collection Chouette! Penser, Gallimard Jeunesse, 2007
Prix : 10 euros