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Ma promesse de l’aube

In Chronique des matins calmes on 16 octobre 2009 at 1:09
plage de Big Sur

plage de Big Sur

Il est des livres qui vous hantent à votre insu. Je devais avoir 12 ans lorsque, prenant sa reliure de carton pour du cuir doré, je me saisis d’un des Reader’s Digest que ma mère lisait à l’hôpital pendant ses longues nuits d’aide-soignante. Que n’ai-je entendu sur ces ouvrages calibrés pour la digestion légère d’une littérature jetée en pâture au plus grand nombre. Certes, il n’y a pas que du bon, loin de là, dans ces recueils, et il est vrai qu’à l’instar du fameux Lagarde et Michard, ils peuvent, par l’aperçu livré à la lecture, donner le sentiment de connaissance, une docte ignorance. Mais j’ai toujours tenu le mépris affiché pour ce type d’ouvrages, pour l’expression hautaine de ceux qui sont nés dans la bibliothèque de leurs parents. Ceux-là mêmes aimeraient sans doute aujourd’hui que leur fils ou petit-fils daignât sortir un instant le nez de son ordinateur ou de l’écran de son portable pour le plonger ne serait-ce qu’un moment dans un de ces ouvrages. Las, le Reader’s Digest a subi de plein fouet la crise qui frappe l’édition et la presse écrite, et a posé le bilan en 2008.

Cet après-midi là qui pleuvait l’ennui à seaux versés sur la cité HLM de Bondy-Nord où je vivais, j’ouvris ce livre, calé chaudement sur l’oreiller,   sur un extrait de La promesse de l’aube de Romain Gary. A peine le titre lu, je me sentis emporté dans les profondeurs d’une poésie nouvelle. Mes lectures se bornaient habituellement à Jules Verne, Le Club des cinq ou Bob Morane. Avec cet extrait, j’entrais dans la grande eau de la littérature, et j’en avais pleinement conscience. Ce que je ressentis à la fin de ce grand moment de lecture,  ne fut pas la petite frustration causée par le mot à suivre au terme d’un feuilleton, mais une faim immense qui me prit à l’estomac. Ce livre, j’allais le lire un jour, le dévorer en entier, je me l’étais promis. Il m’ouvrait une immense perspective sur le monde. Les années ont passé, par dizaines, et récemment, au milieu d’un tas de livres épars, je tombe sur lui. J’avais lu maints ouvrages de Romain Gary et de son pseudonyme Emile Ajar, et j’ai une grande admiration pour cet auteur. Mais sans doute par un des effets pervers du Reader’s Digest, j’avais, par le travail du temps et de l’oubli, l’impression d’avoir lu ce récit jusqu’à son terme, et j’en ai oublié ma « promesse de l’aube », celle du petit lecteur qui deviendra un jour, dans l’emmêlement de ses chemins de vie, un écrivain. Et peut-être le suis-je devenu un peu à cause de cette lecture du Reader’s Digest.

Je ressentis immédiatement au milieu de ces pages le même sentiment d’immensité qui m’avait saisi à l’aube de mon adolescence. Mais cette fois-ci, avec un air de familiarité. Immédiatement projeté sur une plage de Big Sur, Californie, je retrouvais une baie que j’arpentais il y a tout juste un an sur les traces de Steinbeck, Miller, Faulkner, Stevenson, Fante ou Kerouac, recevant de plein fouet la puissance frémissante de l’océan Pacifique. Elle s’écrivait sur la page vierge de sable blanc toujours recommencée, ouverte sur l’infini comme un cahier de poésie. C’est en écrivain que je captais alors toute la puissance de ce lieu littéralement enivrant. Mais le lecteur que je suis, emporté par les mots de Romain Gary au milieu des phoques et des oiseaux marins, revivait son enfance attachée à celle de cet auteur dans les reflets dorés d’un crépuscule fermant en la reliure de l’horizon le grand livre du monde sur nos existences si différentes, si lointaines et si proches.

« Toussaint Louverture » chez Gallimard

In 2.3- Romans on 1 février 2007 at 4:02

toussaint-foix.gif« En me renversant, on n’a abattu que le tronc de l’arbre de la liberté des Noirs ; il repoussera par les racines parce qu’elles sont nombreuses et profondes. »

Né sur l’île de Saint-Domingue, Toussaint Louverture (1743-1803), esclave affranchi, fit fortune grâce à la culture du café. Prenant la tête de l’insurrection contre la tutelle française lorsque éclate la Révolution de 1789, il est nommé général en chef puis prend le titre de « gouverneur général à vie » après avoir décrété la liberté de la colonie. Arrêté sur ordre de Bonaparte, il est déporté au fort de Joux, dans le massif du Jura, où il meurt le 7 avril 1803. Moins d’un an plus tard, l’indépendance de Saint-Domingue est proclamée. Prenant le nom créole d’Haïti – ce qui signifie pays montagneux -, l’île devient alors la première république noire de l’histoire du monde.

Toussaint Louverture
Biographie par Alain Foix
336 pages, Collection Folio biographies (No 29), Editions Gallimard, 2007
Prix : 7,70 euros

Toussaint Louverture est actuellement sélectionné parmi les 3 finalistes du GRAND PRIX DE LA BIOGRAPHIE POLITIQUE. Résultat le 11 novembre au Touquet.

« Vénus et Adam » chez Galaade

In 2.3- Romans on 2 janvier 2007 at 3:55

venusadam-foix.gif« Ainsi un acte de barbarie commis par un balawo qui, au nom d’une croyance ancestrale, fait de la Tamise le sépulcre d’un enfant sacrifié, semblait par l’actualité répondre à un autre acte de barbarie, commis au nom de la science sur le corps d’une femme à qui on refusa pendant un siècle une sépulture décente. » – Alain Foix

21 septembre 2001. Alors que la planète regarde les ruines fumantes des Twin Towers, le corps d’un enfant noir sans tête, ni bras, ni jambes, petit tronc recouvert d’un short orange, est retrouvé dans la Tamise. Dépêchés sur place, l’inspecteur Ling, expérimenté et méthodique, et Jean Windeman, journaliste se rêvant écrivain, tentent de lever l’énigme de l’origine du petit garçon baptisé Adam par Scotland Yard.

Crime rituel ou crime raciste ? Le monde s’émeut, l’incroyable enquête s’étend en Allemagne, en Afrique du Sud et au Nigeria tandis que Nelson Mandela en personne lance un vibrant appel pour retrouver l’identité de l’enfant, victime de la barbarie.

La troublante Vénus Baartman, nouvelle recrue de la police scientifique, a peut-être des réponses – d’autant plus que le hasard – ou le destin – replace dans l’actualité une autre Vénus, Hottentote, née en esclavage en 1789 et exposée dans des zoos humains en Angleterre et en France avant de finir empaillée au musée de l’Homme.

Quels liens y a-t-il entre Adam et Vénus, archétypes modernes de la question de l’origine et du crime inaugural ?

Vénus et Adam
Roman d’Alain Foix
144 pages, Editions Galaade, 2007
Prix : 16 euros

Sélection du prix RFO 2007

« Ta mémoire, Petit Monde » chez Gallimard

In 2.3- Romans on 1 octobre 2005 at 8:46

memoire-foix.gif« Petit monde », ti moun en créole, c’est Lino, l’enfant que fut l’auteur et dont il se souvient.
Il a huit ans quand il quitte son île de Guadeloupe avec Lucia, sa mère, et s’embarque pour la métropole. Dix jours de traversée qui vont tout bouleverser, et marquer douloureusement la déchirure avec Aurèle, l’ouvrier de la mer, qu’il aime comme un père, les melons de maman Telle, les accents du pays, et les averses qui réveillent les parfums de la terre.
Tôt levée, tard rentrée de l’hôpital où elle fait des ménages, Lucia, mère courage à laquelle Lino apprendra l’orthographe et la grammaire, parvient à recréer un écosystème créole au rez-de-chaussée du dernier immeuble de Bondy.
Plus tard, l’hôpital de Berck-Plage où Lino est envoyé sera une autre déchirure, mais il en reviendra avec un nouveau rapport au monde. Puis il y aura d’absolues nouveautés : les filles, la découverte de la psychanalyse… La lecture passionnée de Tristes Tropiques, de Lévi-Strauss, et la mort d’Aurèle marqueront la fin de l’enfance et la dernière émancipation.
À travers la mémoire de l’enfant, ce petit monde dans le monde, c’est aussi toute une poétique de la banlieue qui surgit.

Ta mémoire, Petit Monde
Roman d’Alain Foix
Collection « Haute Enfance », Gallimard, 2005
Prix : 12,50 euros

Sélection du Prix des Amériques insulaires 2006

« Peintre peint sur papier peint » chez Gaalade

In 2.3- Romans on 1 octobre 2005 at 3:48

peintrepeint-foix.gifUn appartement parisien… Le cadavre du peintre Alis Poignant-Alis, dont la tête est affalée dans le cadre de sa toile déchirée… Le sang projeté sur un vieux papier peint révélé sous un miroir en miettes… Un article truqué de la Déclaration des droits de l’homme tracé au rouge à lèvres en guise de signature : le meurtre de l’artiste laisse perplexes les deux policiers chargés de l’enquête, l’inspecteur Pérez, vieux loup de mer de la « Crime », et Dumas, son acolyte aux allures de pingouin ridicule.

Un peu sonné par la mise en scène de ce meurtre, Pérez s’en va chercher le repos et l’inspiration auprès de Jane Kruger, belle peintre irlandaise à la crinière fauve, tandis que Dumas s’intéresse à Pierre-Amadou Deng-Xiao-Khane, dit le Chinois, modèle athlétique et mégalo à qui il est arrivé de poser pour la victime.

La galerie de portraits ne manque pas de saveur. L’enquête progresse de crimes en crimes, toujours plus sophistiqués les uns que les autres, et auxquels l’inspecteur Pérez se trouve à chaque fois mystérieusement mêlé. Peintre peint sur papier peint est le premier volet des aventures de l’inspecteur Pérez. Un régal pour les amateurs de suspense et d’histoires baroques. De l’art plastique à la musique contemporaine, Alain Foix nous entraîne au cœur des milieux artistiques.

Une écriture débridée et décalée, où le jeu est partout présent : dans les mots, les images ou les situations.

Peintre peint sur papier peint
polar d’Alain Foix
Editions Galaade, 2005
144 pages – Prix : 16 euros