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Michael Jackson est mort, les statistiques ethniques aussi

In Chronique des matins calmes on 26 juin 2009 at 8:42

photo_2313_460_260_51554En voilà un, l’homme gris comme l’appellent les Inconnus, qui aurait échappé aux statistiques ethniques comme il a toute sa vie échappé à toute identification extérieure à sa personne même. C’est l’artiste absolu, l’individu qui finit par se confondre avec son œuvre même. On est ce qu’on fait et non ce que l’on dit ou l’on se dit être. Voilà la leçon laissée dans le ciel universel de cette comète qui a illuminé nos nuits noires, nos nuits blanches. Comète dont la queue tire au 21è siècle les illuminations des sixties dont elle est issue. Voilà l’homme qui a grisé toutes les couleurs de l’arc en ciel humain est la faisant danser un pas, le moonwalk, créé à partir du shuffle-step, un pas inventé par les esclaves noirs auquel on avait interdit de danser. Le shuffle-step (pas frotté) et le stomp-step (pas frappé) sont à l’origine des subterfuges géniaux qu’ont trouvé les noirs pour danser en bafouant les négriers. Pourquoi ? Parce que selon les critères  occidentaux, traîner les pieds ou marcher lourdement en les frappant au sol n’entrait pas dans le lexique permettant d’identifier l’acte de danser. Ces danses se jouent donc du concept, des cadres d’identification canoniques. La danse comme la création en général, la vraie, est toujours détournement, acte de déjouer en jouant. C’est pour cela aussi qu’il est resté enfant, Michaël. Un artiste qui va jusqu’au bout de lui-même. Alors, il est amusant de constater qu’au même moment, celui qui ne sait pas danser sinon avec les concepts détournés à des fins politiques et qui se rend aux Antilles, une des sources du jazz, admet que le problème des inégalités sociales ne peut pas être réglé par l’indentification des individus dans des catégories raciales, mais par la lutte contre les sources de l’inégalité qui ne sont pas fondamentalement ethniques mais sociales et économiques.

Sur le pont d’Avignon

In 2.4- Théâtre on 24 juin 2009 at 12:01

A quelques jours du départ pour Avignon, c’est le branle-bas de combat. L’équipe entoure la nouvelle venue, Yane Mareine qui a courageusement relevé le défi de reprendre en peu de temps le rôle pivot de Gerty Archimède. C’est un bonheur de la voir entrer dans le rôle, chercher son personnage pour l’incarner avec justesse. Intéressant d’autant plus que ce personnage réel, je l’ai bien connu puisque c’était ma tante et que je la vois peu à peu revivre et investir le corps et l’esprit de cette belle comédienne qui semble avoir le même tempérament naturel, la même force de persuasion, le même type de charisme et d’autorité que la personne qu’elle incarne. J’observe Antoine Bourseiller au travail. C’est toujours un vrai plaisir de voir ce sculpteur de la scène s’emparer de la matière du texte et modeler avec rigueur et précision le jeu de l’acteur qui, emportant ses qualités et son interprétation personnelle, se laisse littéralement prendre en mains par le maître. Celui-ci en  profite pour mettre une nouvelle touche à sa mise en scène, cherchant les déplacements et les actions les plus justes, les plus signifiants, les plus propres à éclairer le texte et la dramaturgie. Le crû d’Avignon promet d’être riche. J’aime aussi observer la manière dont l’équipe peu à peu inscrit la nouvelle venue dans le groupe et dans la partition. Le théâtre est un lieu de solidarité et de conflits où se joue l’humain en sa totalité. En quelques années, nous avons formé, à travers ce spectacle et quelques actions un véritable esprit de troupe, et cela me plaît. Je ne résiste pas à présenter, même succintement, chacun de ces artistes qui vont participer à la fournaise théâtrale d’Avignon:

Antoine Bourseiller met en scène

Bourseille-AntoineMetteur en Scène de théâtre et d’opéra, auteur de pièces dramatiques, comédien, directeur de théâtre, fut aussi ami de Jean Genet dont il a monté Le Balcon et Le Bagne. Il est un des découvreurs d’auteurs du théâtre contemporain. Chevalier de la légion d’honneur et Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres. Il a dirigé dans ses mises en scène Danielle Delorme, Edwidge Feuillère, Maria Casarès, Suzanne Flon, Christine Fersen, Annie Decaux, Anna Karina, Sami Frey, Yves Robert, Jean-Paul Roussillon, Serge Reggiani, Pierre Richard, Chantal Darget, Fanny Ardant, Jean-Louis Trintignant, Roland Bertin, Henri Tisot, Jean-Paul Farré, Jean Pierre Bisson…

Yane Mareine joue Gerty Archimède

Tatie 083-1

Comédienne et chanteuse. Elle s’est formée au métier de comédienne aux cours Charles Dullin à Paris, puis a multiplié les masters class, entre autres avec le maître Grotowski. A partir de 1979, elle joue en Allemagne des rôles du répertoire classique, notamment  Hélène de Troie, qu’elle interprète entièrement  en  langue allemande. Dès lors, elle jouera dans divers théâtres d’Europe, enchaînant de nombreuses  créations  sous la direction notamment  de Jorge Zuluetta, Jacobo Romano, Astor Piazzolla, Yves  Jansen. Elle inscrit ses choix théâtraux dans une véritable exigence du théâtre de texte

Sonia Floire joue Angela Davis

sonia-floire1Elle a été formée à la classe libre du cours Florent puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) par Philippe Adrien, Dominique Valadié, Gilberte Tsaï, Caroline Marcadé, Christian Benedetti, Daniel Mesguich. Au cinéma, elle a joué dans « Les amants reguliers » – Réalisation Philippe Garrel et dans « Une famille très ordinaire » – Réalisation Julius Amédée-Laou.Au théâtre, elle a joué notamment dans « Un songe, une nuit d’été » d’après Shakespeare – mise en scène par Pauline Bureau, « Dom Juan » de Molière – mise en scène Jacques Osinski et « Sur le vif (2) Le gai savoir » – mise en scène Gilberte Tsaï.

Mariann Matheus joue Soeur Suzanne

mariann-mElle a joué au Théâtre du Campagnol Mémoires d’Isles, de Ina Césaire, mise en scène Jean-Claude Penchenat, pièce pour laquelle elle collabore à l’adaptation de récits transmis par des femmes âgées des Antilles.

Puis, « La Bonne âme de Se-Tchouan » (rôle principal), adaptation en créole du texte de Brecht, mise en scène Pierre Vial à Fort-de-France, au Centre dramatique de la Soif nouvelle. En 1987, « Ton beau capitaine » de Simone Schwarz-Bart, mise en scène S. Cave, en Guadeloupe, et reprise au Théâtre National de Chaillot. En 1991, « La Tragédie du Roi Christophe » (rôle du conteur-chanteur), de d’Aimé Césaire, mise en scène Idrissa Ouedraogo à la Comédie- Française et « Grand Hôtel » (rôle principal), pièce de V. Placoly, mes de Y. Labejof, pour les Rencontres Caraïbéennes de Théâtre au C.M.A.C à Fort-de-France. Parallèlement au théâtre, Mariann Mathéus poursuit son travail musical pour « revisiter » la tradition dont elle est issue.

Alain Aithnard joue Joachim

aithnard2Comédien et musicien, Alain Aithnard est un habitué des grandes scènes et joue régulièrement avec de grands metteurs en scène comme Jacques Nichet (Combat de Nègre et de Chiens de B.M. Koltes -2003, La Tragédie du Roi Christophe (Aimé Cesaire,1997 ), Joël Jouanneau (Madame, on meurt ici -2002, Mamie Ouate en Papouasie – 2000, Les Dingues de Knoxville-1999 Gaucheuppercut- 1996, La Main Bleue-1998, L´Aigle À Deux Têtes-1998, Le  Marin perdu en mer -1990, Pierre Beziers (Les Lettres Perdues d´Honoré Bonaventure de jean Cocteau – 2000, BELOVED OU LA MEDEE DU 124 d´apres le roman de Toni Morrison), Richard Demarcy (LES Rêves de Lolita et Laverdure 1992, POUR VOUS Lucio Mad -1987, L´Etranger dans la Maison 1982, Voyages d´Hiver,-1986, ALBATROS-1984), Gabriel Garran (Le Destin Glorieux du Maréchal NNIKKON NNIKKU de tchicaya U’Tamsi-1987, PARCOURS (d´apres Sur le Chemin des glaces de Werner Herzog)-1981, Disparitions (d´apres les textes de Lewis Caroll)- 1979), Jean Paul Wenzel (Garance SPARDAKOS d´après le roman Spartacus d´Arthur Koestler-1975, LE MANDAT (d´après le roman de Sembene Ousmane)…

LE RETOUR DE LA RACE

In Pas de catégorie on 23 juin 2009 at 10:12

La CARSED (Commission alternative de réflexion sur les « statistiques ethniques » et les discriminations) composée de philosophes, scientifiques, anthropologues, sociologues, statisticiens et dont je fais partie, présentera le lundi 29 juin, à 10 heures, à l’Amphithéâtre de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 105 Bd Raspail 75006 Paris son rapport publié et intitulé LE RETOUR DE LA RACE.

En voici la table des matières et l’avant-propos:

Introduction et Propositions

Veut-on une République communautariste ? Élisabeth Badinter

L’ethnicisation des rapports sociaux en France.
Réalité objective ou représentation « intéressée »
du corps social Jean-Loup Amselle

Vous avez dit « ethniques » ? Ou de la nécessité d’examiner le terme d’un peu près, Jean-Pierre Dozon
Les « statistiques ethniques »ou la science et les scientifiques victimes d’une conjecture du mouton du Petit Prince, Athanase Bopda
La mal-mesure des « races » Critique de l’usage inconsidéré des catégories de couleur, Jean-Luc Bonniol
« Diversité » Le piège des mots, la dérive des idées, Michel Giraud
Les recensements comme instrument politique (un bref aperçu des exemples étrangers) Elena Filippova
Diversité des classifications,richesse des histoires et des territoires, Alain Blum
Les classifications se suivent mais ne se ressemblent pas, Hervé Le Bras
Peut-on promouvoir les statistiques ethniques sans référentiel et sans impliquer la statistique publique, notamment le recensement ? Stéphane Jugnot
Chronique de discriminations annoncées. L’enquête Trajectoires et Origines, France Guérin-Pace
L’obsession différencialiste. L’alibi de l’enquête statistique, Collectif
Face aux discriminations. Pour une poursuite des recherches engagées, Jean-Luc Richard
Spécificité de la perception des discriminations en France, Roser Cussó
Technique, science, éthique, politique. Les enjeux du débat sur la mesure de la « diversité », Maryse Tripier
Évanescente diversité, Véronique De Rudder & François Vourc’h

AVANT PROPOS

La Commission alternative de réflexion sur les « statistiques ethniques » et les discriminations : Une initiative indépendante et scientifique

Un Comité pour la mesure et l’évaluation des discriminations et de la diversité (COMEDD), nommé par Yazid Sabeg a été mis en place le 23 mars 2009. Selon sa lettre de mission, il est en charge « d’identifier, d’évaluer et de proposer les catégories d’observation mobilisables, dans le cas de la France, pour la mesure et l’évaluation de la diversité et des discriminations ». Il doit répondre au souhait du Président de la République de disposer d’outils qui « reposent sur des méthodes incontestables », définis, « dans un esprit de dialogue, avec l’appui de la communauté scientifique et statistique ». Fort bien, mais la mesure de la répartition ethnique de la population vivant sur le territoire français, car c’est de cela qu’il s’agit, a suscité depuis plusieurs années de vifs débats tant dans la communauté scientifique qu’au sein de la société civile. Or la composition du Comité Sabeg les ignore : aucun scientifique opposé à la mise en place de statistiques ethniques ou simplement dubitatif sur leur utilité n’en fait partie. Il néglige par ailleurs la plupart des

disciplines travaillant sur la discrimination : en particulier n’y figure aucun anthropologue, aucun historien, aucun géographe, aucun philosophe. Pire, alors qu’il prétend délivrer un avis scientifique, il ne comprend qu’une petite

minorité de scientifiques, partageant de façon ostensible le même avis, en compagnie d’une majorité de représentants d’associations, de grandes entreprises ou d’institutions. Le choix des membres du COMEDD semble avoir été motivé par le seul critère d’une position ouvertement favorable aux statistiques ethniques. L’idée même d’une politique publique écrite sous la dictée des scientifiques relève, au mieux, de la naïveté, au pire, du cynisme. Le rôle des scientifiques n’est pas de produire des « méthodes incontestables », ni d’imposer des choix de société, mais de clarifier les enjeux et conséquences des choix possibles avant qu’ils soient soumis à une discussion publique et démocratique. Dans sa lettre de mission, Yazid

Sabeg veut faire croire que la « science », représentée par quelques partisans de la mesure de l’ethnicité, peut apporter une solution miracle à la discrimination en trois mois de discussion. Nous ne sommes pas dupes. C’est pourquoi nous avons décidé de créer une « Commission alternative de réflexion sur les « statistiques ethniques » et les discriminations » (CARSED). Composée de scientifiques parmi lesquels des anthropologues, des historiens, des juristes, des géographes, des démographes,

des sociologues et des philosophes, la CARSED a abordé des questions essentielles  la lutte contre les discriminations passe-t-elle nécessairement par la définition brutale

d’identités ethniques et raciales qui aboutiront inéluctablement à la constitution artificielle de minorités fermées et rivales ? Ne faut-il pas privilégier des études ponctuelles en profondeur qui scrutent les modes de discrimination, les discriminateurs et les discriminés pour en comprendre les motifs, et proposer des moyens d’action concrets ? Que valent les expériences étrangères quand on les replace dans leur contexte historique et social ? Quelles sont les attentes

des entreprises, des associations et des institutions ? Une ou deux fois par semaine depuis le début du mois d’avril, la CARSED a débattu autour d’exposés de ses

membres et auditionné des acteurs de la société civile concernés par la discrimination. Le présent ouvrage livre la synthèse de ses travaux. Pour y parvenir, il était important de se tenir à distance du politique. Dans cette optique, la CARSED a fonctionné en dehors de toute institution et sans financement. Le débat sur des questions de sociétés qui concerne chacun d’entre nous doit se dérouler en

public, et non dans un cénacle d’experts ou prétendus tels par la grâce du prince. Les textes qui suivent proposent de véritables alternatives aux politiques actuelles de la diversité, des alternatives en profondeur qui prennent au sérieux la montée des inégalités au lieu de se livrer à des gesticulations cosmétiques dont le seul effet risque d’être une racialisation de la France.

Vénus et Adam (teasing)

In 2.4- Théâtre on 20 juin 2009 at 12:16

Lundi 22 juin, 20h au théâtre Darius Milhaud à Paris, lecture de Vénus et Adam.

Voici un petit extrait de la pièce (l’entrée) à mettre en bouche:

VENUS ET ADAM

1

Noir, musique comme un générique. Lumière progressive sur une scène nue ou presque, un plateau de télévision. Un personnage, le journaliste, entre et vient à l’avant-scène. Il s’adresse à une caméra. Son image est projetée en fond de scène comme chaque intervention filmée dans cette scène.

Le journaliste : A quoi ça tient la paix ! Juste une question de lumière. Un œil distrait qui se détourne, un petit crachin, du vent faisant friser la chevelure du fleuve, et ça passait pour l’ombre filante d’une mouette rieuse. Encore un peu de brume et moi je continuais comme chaque matin à mâchouiller tranquille mes œufs brouillés les yeux perdus dans la Tamise. Un petit peu de brume et on dormait tranquille sans ce morceau de bois flottant à l’air insignifiant, qui vient gâter notre sommeil.

Ce 21 septembre 2001, le monde avait de quoi s’occuper et c’est au ciel qu’on regardait l’enfer. Mais il y a toujours des gens qui gardent la tête baissée, qui ne veulent rien savoir, qui rêvent au fil de l’eau. Au tout début, ça n’avait l’air de rien. Un petit matin d’automne comme Londres les aime bien. Blanchâtre, clairet et tristounet comme le thé tiède d’une vieille rombière, avec un vent frisquet qui vous ramène des feuilles mortes, des petits bateaux sur l’eau. Elles voguaient en rangs serrés sur la Tamise en frissonnant vers le grand large. Qu’est-ce qu’on avait à faire de ça ? Un bout de bois flottant au fil de l’eau. Ce n’était rien d’autre que rien, du genre non-événement. Un truc qui aurait pu passer incognito devant les yeux indifférents de l’univers. C’était pas fait pour être vu. Un truc intime qui ne regardait que ceux qui l’avaient fait. Un truc communautaire, un truc vicieux en cercle fermé. Eh bien voilà que ça s’étale en plein mitan du jour, dans les journaux, à la télé, dans tout ce qui parle et qui se lit et c’est l’écho du monde, tiré aux quatre coins. Jusqu’à New-York, jusqu’à Pékin, Paris, Johannesbourg ou Istanbul. Et moi qui suis journaliste, un envoyé spécial, je vis tranquille à Londres et j’écris pour Paris. Je suis contraint de mettre les mains dans cette horreur. Mon Dieu oui, cette horreur. De la décortiquer et de la découper, et mon stylo est un scalpel qui a l’odeur du sang, qui va fouiller profond, qui a pris goût à ça. Ma main est comme un chien sauvage. Elle fouille, elle fouille, elle gratte, elle gratte car l’opinion réclame, car l’opinion a faim.

Voix off : coupez !

Noir, sur l’écran du fond de scène, le journaliste sur fond d’images d’eau, de fleuve et de brouillard, musique. Un autre personnage entre. On aperçoit juste sa silhouette sur le fond d’images qui suggèrent un ambiance londonienne. Il s’adresse au public.

Le détective: Que voulez-vous ? on a besoin, des journalistes. Enfin, maintenant bien plus qu’avant. Avant, c’était plus simple. C’était un jeu d’enfants. On coursait les voleurs et ils nous couraient après. Les assassins passaient à table et eux mangeaient les restes. Fallait faire attention à ne pas laisser de bons morceaux parce qu’ils étaient sitôt lâchés à la grande meute et ils partaient hurler à tous les vents. Maintenant, ils font partie de notre métier. On nous apprend à faire avec, à les utiliser. Un journaliste bien dressé, ça vous en ramène des trucs et des pas clairs. Non, non, je plaisante. Oui, bien-sûr, c’est ça, je ris jaune, comme ils disent mes collègues, toujours très spirituels. Il ne faut pas croire, il n’y a pas que des gentlemen à Scotland Yard. Y a plein de rigolos. Au début, ils rigolaient, c’était comme un réflexe. Ils se marraient comme des gorets, après, ils riaient jaune et je riais avec. Dans ces cas là, on est bien tous pareils.

Voix off : on tourne !

Le journaliste (à la caméra) : Ce bout de bois flottant, c’était du bois d’ébène. Du bois qu’on entassait dans des silos flottants bien attaché à de grosses chaînes. Parce que ce genre de bois sauvage, ça remuait dans le voyage. Ca ne bougeait pas seulement, mais ça criait, mais ça mordait et ça pleurait. Du bois vivant avec des yeux exorbités, des jambes faites pour courir, des bras pour étouffer, des mains pour étrangler. Eh oui, du bois d’ébène. Mais celui-là, qui se baladait dans la Tamise, et qui aurait bien pu tomber d’un des navires du temps passé, ce n’était rien qu’un tout petit bout de bois. Quarante ou cinquante centimètres à peine. Oh, presque rien ou pas grand-chose. Il n’avait rien en soi de dangereux. Pas de dents pour arracher le nez, pas d’œil pour effrayer, pas de voix et pas de cri. Pas de jambes pour maronner et se carapater. Pas même de mains pour étrangler. Il n’avait rien. Rien. Juste un tronc, un petit tronc. Un tronc sans branche, avec rien qui dépasse. Tout lisse.

Voix off : coupez !

Le détective (au public) : Ce rire nous faisait mal, il nous serrait les tripes à dégueuler. C’était de l’humour noir. On est œcuméniques dans la police (il pouffe). Et l’autre qui la ramène : « pas même moyen de lui mettre des menottes » (il contient un fou-rire). Ah oui, je vous jure, on rigole bien dans la police. Ca fait passer l’angoisse.

Le journaliste (au public hors caméra pendant que la caméra filme le détective)

Un tronc humain, mon dieu. Un tronc humain. Sans tête, sans bras, sans jambes. Un tronc d’enfant. C’était… presque un bébé. Emmailloté au fil de l’eau, juste habillé d’un short orange. Un petit Moïse mais sans berceau. Mais c’était quoi, Bon Dieu. Mais c’était quoi sa terre promise ?

Le détective (à la caméra) : Quel Hyde ? quel Jack ? quel éventreur ? Pour quel mobile ? sur un enfant ! un truc sexuel, de pédophile ? Un crime raciste ? On en voit plein. Mais pas comme ça. Ca, c’est pas du racisme ou alors, sauce martienne bien pimentée, un gars qui en a contre toute l’humanité. On a même pensé à un déchet de trafic d’organe. Mais pourquoi jeter ça dans la Tamise, pourquoi le vider de tout son sang, bien le nettoyer à l’intérieur comme un poisson de court-bouillon et l’habiller d’un short orange ? Parce que le môme, c’est sûr, quand on l’a égorgé, il n’avait pas sur lui de short orange. On lui a mis le short après. Le sang était à l’intérieur.

Voix off : coupez !

Le journaliste (toujours hors caméra) : Mais c’était quoi sa terre promise ? Il allait où ? Il venait d’où l’enfant de l’eau, le petit poisson? Quelles étaient ses attaches ? A qui accrochait-il ses petits bras? Quels seins lui donnaient la tétée, l’enfant sans tête ?

Voix off : ça tourne !

Le détective : (à la caméra) : Mais plus le temps passait, et moins ça rigolait. Petit à petit, on voyait bien que les regards ne se croisaient plus, on évitait de se parler en face de peur de voir sur nos visages les plis des draps froissés.

Voix off : coupez !

Le journaliste :(hors caméra): Il venait d’où l’enfant de l’eau et c’était quoi sa terre promise ?

Le détective : (à la caméra  pendant que le journaliste s’apprête à se faire filmer)

L’enfant sans tête nous grignotait nos nuits et nous mettait dans l’embarras. On ne savait plus quoi faire de lui. Une armée de sans-papiers à côté de ça, c’est de la plaisanterie. C’est qu’il revendiquait, de jour en jour un petit peu plus de place. C’est qu’il manifestait dans son silence. Mais pas moyen de l’expulser. Aucune identité, aucune adresse, pas de destination. Drôle de colis. Ca nous est tombé dessus. Drôle d’héritage. Un petit paquet de chair que nul ne réclamait.

Le journaliste (à la caméra, avec un autre ton) : Il allait où, il venait d’où, quelles étaient ses attaches?

De l’utilité de la philosophie

In Chronique des matins calmes on 19 juin 2009 at 12:42

alain Foix,auteur

Aujourd’hui, grand jour. Les postulants au baccalauréat ont planché sur la traditionnelle épreuve inaugurale de la philosophie. Par quel miracle cette discipline persiste-t-elle encore dans le cursus de nos lycéens? En ces temps bien sombres du sophisme galopant où certains politiciens ont tendance à prendre des libertés avec la langue et le concept, où ce dernier fait l’objet d’une gadgétisation sans précédent, où la pensée unique, c’est à dire l’absence de pensée, la contre-pensée, ourdit une véritable machination contre la pensée critique, cela paraît une étrange persistance d’un temps révolu. Un acte de résistance intempestif. Pourquoi la philosophie puisqu’elle ne sert à rien et que l’école est devenue simple pourvoyeuse de main-d’oeuvre et de savoir-faire pour le commerce et l’industrie? On voit bien certaines tentatives pour la contraindre à servir des manoeuvres politiciennes. N’exhibe-t-on pas de temps à autre un dit philosophe gominé, brillant à force d’être astiqué pour rutiler sous les spotlights, et qu’on renvoie illico à la poussière de ses études dès lors qu’on estime qu’il a servi la cause? Et plus personne n’ose affirmer haut et fort que l’existence de la philosophie comme celle de l’art n’est pas liée à son utilité, et que c’est précisément pour cela qu’elle est nécessaire. Au lieu de chercher à utiliser les penseurs, ces politiciens feraient souvent mieux de retourner dans des ouvrages de philosophie lorsqu’il leur prend d’utiliser des mots comme ethnie, nation, identité, sujet, engagement, liberté, pour ne citer que ceux-ci dont le s discours actuels dégradent le sens. Et si on les faisait plancher sur cette question: « L’identité est-elle prison de l’être ou expression de sa liberté? » Allez, pour traiter d’une telle question, nous n’accordons pas quatre heures ni sept, mais le temps d’une législature. A la veille de la nouvelle élection, on ramasse les copies.

Manuel Valls sur la race et danse sur le Front

In Chronique des matins calmes on 18 juin 2009 at 10:08

alain Foix,auteur

Voilà, il suffit d’avoir des ambitions présidentielles et les afficher pour que la race et la vase remontent au front (et du front) à la vitesse d’un cheval au galop. Allez, come on Evry body! Ce ne sont pas les odeurs, mais la vision des corps colorés étalés en brocante qui vont mettre le souk. Et l’édile de l’Essonne qui nous sonne l’hallali, et la horde affamée des médias pointe sa truffe aux semelles d’un Tartuffe qui dit vouloir cacher toute cette race qu’il ne saurait voir et qui parle de white et de blancos. Qu’on appelle une caravane de Roumains sur ce souk. Ne sont-ils pas blancs eux-aussi? Au fait, qu’entend-il par blanc? Et voilà, le Coppé décapoté qui, en équipier de la course à l’échalotte présidentielle, lui apporte son soutien en parlant d’identité française. Décidément, ces gens là creusent leurs tombes politiques avec leurs dents qui rayent le plancher. Tous ont appris la leçon réthorique dont est passé maître l’actuel hébergé de l’Elysée, et leur langue sent mauvais. Beaux discours mais haleine pestilentielle. Ils jouent de la forme et du fond où le haut et le bas, l’humain et l’abject contractent un mariage de raison scellé sur l’autel d’une vraie déraison. Car il est déraisonnable de jouer avec ce feu là. Pure folie que de mêler en un même discours le raisonnable et l’irrationnel. De jouer sans cesse entre race et justice. De parler d’apparence là où il s’agit de conditions, de parler de culture, d’appartenance et d’identité, là où il s’agit d’économie, de mélanger le social et le sociétal. Appelons un chat un chat disent-ils en sortant leur vrai faux passeport du pays du pouvoir tamponné « langage de vérité ». Mais justement, les hommes ne sont pas des chats, même si un fameux syllogisme dénoncé par les traqueurs de sophistes affirme que l’un d’eux, Socrate, est un chat. C’est pour combattre ces sophismes que me suis fendu d’un petit essai intitulé NOIR de Toussaint Louverture à Barack Obama. Appelons donc un sophiste un sophiste et travaillons sur la langue, sur les mots, luttons contre cette vague de concepts fumeux qui nous sont lancés à longueur de jours à travers les médias. Désossons les! Il y a urgence. Il y a du travail. Alors je commence derechef sur ce blog. Voici ci-dessous un premier article  que j’intitule « un chat un chat » pour commencer à faire le point dans cette vaste brocante des idées reçues et vide-grenier des concepts frelatés.

UN CHAT UN CHAT

Voici venu le temps crépusculaire où l’esprit de géométrie comme disait Pascal, annonce la défaite de l’esprit de finesse. Les philosophes se terrent tandis que règnent géomètres et statisticiens d’une pensée guerrière, pensée glacée figeant l’individu dans les catégories où ils deviennent mobilisables. C’est l’ère de la pensée abusive des généralisations, des identifications factices. Etes vous ceci ? Etes vous cela ? Cochez ici et regardez en fin de page (c’est écrit à l’envers), vous saurez qui vous êtes. Signez, vous êtes engagé.

Où sont passés les philosophes ? Face au silence de ces derniers, certains hâbleurs mondains s’érigent en penseurs du monde et des statisticiens échappant au contrôle de la raison apportent leurs solutions frappées au coin du sens commun, estampillées par l’évidence du chiffre. Et l’on entend alors clamer du ciel des idées vides que seule la statistique peut lutter contre les discriminations. Et l’on nous dit sans sourciller : qu’importent les mots pourvu qu’on ait les chiffres, à bas la sémantique et soyons pragmatiques, dissocions la forme et le fond. Le mot discrimination positive blesse l’oreille ? Qu’importe ! puisque monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, on peut bien faire ces choses sans le dire. D’ailleurs le chiffre peut remplacer le mot puisque la chose existe sans le mot qui désigne.

« L’ennui, glisse timidement le philosophe sorti de sa caverne, est que celui qui désigne c’est l’homme, et la statistique a bien besoin de désigner pour comptabiliser ». La sémantique ! encore un truc de philosophe, un truc à couper des cheveux en quatre. Alors, rasons les donc! boules à zéro sur le boulier des crânes. Ce n’est pas compliqué : un noir est un noir, un juif est un juif, un arabe un arabe, un blanc un blanc, un chat un chat. Maintenant qu’on a les unités rasées de toute singularité, on peut compter, pas mélanger les torchons et serviettes.

Voilà que notre philosophe s’enhardit et revient à la charge : « additionner, c’est soustraire, dit-il, c’est même diviser. Car pour additionner des humains ou toute autre chose, il faut les séparer. Or les humains ne sont point des choses. »

Du coup, le statisticien se fâche car il est de bonne foi et croit bien faire. Il ne voit pas que la solution préconisée est de même nature que le problème qu’il entend combattre. Il suffirait, pense-t-il de s’auto désigner pour régler le problème de la désignation par l’autre. Où sont les Sartre pour expliquer ce que se désigner veut dire ? Lui faire voir clair dans ce grand jeu de dupes. Lui rappeler  qu’à Auschwitz la défaite de l’humain commença par l’auto désignation, c’est à dire la soumission, l’abdication de soi en vue d’une comptabilité fermant les portes de l’espoir. Où sont nos Barthes pour signifier que la sémantique c’est du sang tout autant que du sens, nos Foucault et Deleuze pour rappeler que le pouvoir et la loi passent par la surveillance et la marque sur les corps ?

Cet outil statistique qu’on préconise du haut de ce ciel vide, semble une machine célibataire, comme un « marteau sans maître » d’autant plus efficace que s’absente la main qui le tient.

Kafka n’est pas bien loin. Où est le projet politique ? Qui gère cet outil statistique ? Comment l’utiliser si (ce qu’à Dieu ne plaise) il devenait opératoire ? On oublie de nous le dire. La statistique est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux seules mains des statisticiens.

Et en ces temps crépusculaires, des noirs sortent leur CRAN d’arrêt. Puisqu’on les a désignés noirs, que le noirceur devienne leur uniforme. Voilà la symétrie rêvée par la pensée géométrique. S’affirmer noir, renforcer sa noirceur pour obtenir les droits refusés aux noirs à cause de leur noirceur. Tel est le paradoxe qui ferme le cercle vicieux. Comment sortir de ça sans une pensée critique ? Une pensée dénonçant par la sémantique même l’état de sédimentation des esprits pétrifiés par d’épaisses couches d’histoire.

En ce même temps, des historiens soulèvent toute la cendre et les fers d’esclavage cachés sous le tapis empire et mettent à jour une vérité sur l’Empereur. Hegel le voyait passer à Iéna comme « l’esprit du monde à cheval », un particulier, un singulier portant l’universel en marche. Le philosophe aurait eu tort ? Certes, à vouloir incarner, comme on fait encore aujourd’hui, la marche de l’histoire dans une personne, il en a occulté les ombres inavouables, nauséabondes. Il faut admettre que l’histoire est comme l’individu, elle a plusieurs facettes. Le rôle de l’historien alors rejoint celui du philosophe : distinguer et individualiser sous peine d’être un idéologue forgeant en sous-main la raison de guerre et la pensée comptable. La distinction, voilà la chose. Elle s’enracine dans le sujet et dans l’individu. Elle est à la source même de la pensée européenne. Pensée qui dans son flux premier pose le sujet comme fer de lance de toute pensée. Ce « connais toi toi-même » de Socrate qui signifie que là est le travail jamais fini, chemin qui ne mène nulle part sinon à l’autre en soi, serait battu par le « désigne toi » ? Ce sujet, pierre de pensée que Descartes sortit de sa gangue, que Spinoza tailla, que Leibniz et Diderot mirent en lumières comme prisme aux mille facettes insaisissable en un regard, que Kant porta au sublime et Goethe sertit dans l’ombre, serait à jeter comme pierraille d’Intifada en monticules  d’identités massées et comptabilisées ? Impensable. Comment mesurer l’homme et le peser ? Dans quelle balance sinon celle d’une potence? Mais la potence, disait Hugo, « est une balance qui a  un homme à un bout et toute la terre à l’autre. Il est beau d’être l’homme ».

En cette balance, l’individu est le Tout-monde. Voilà son unité. C’est pour cela que lorsqu’on veut  poser son pied en terre de Martinique là où s’élève de nouveau la pensée du monde, il faut tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de désigner les hommes comme pierres qui roulent de charybde en scylla, de rocaille à racaille, hors du flot agité de leur histoire.

Où sont nos chercheurs d’or, de pierre philosophale, pour expliquer que ce qui nous vient à l’aval nous revient de l’amont ? Que dans ce flux de matière, de mouvements et de sédiments qu’est notre histoire, l’individu doit être saisi avec prudence et distinction dans le tamis de la pensée ?

Pas de prison en photos

In 2.4- Théâtre on 15 juin 2009 at 12:01

Galerie photos de Pas de prison pour le vent

La vraie Gerty Archimède, députée après-guerre avec pain et gendarme

La vraie Gerty Archimède, députée après-guerre avec pain et gendarme


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Photos ci-dessus: Brigitte Enguerrand

Antoine Bourseiller, metteur en scène

Antoine Bourseiller, metteur en scène

Alain Aithnard (Joachim)

Alain Aithnard (Joachim)

Mariann Mathéus (Soeur Suzanne)

Mariann Mathéus (Soeur Suzanne)

Sonia Floire (Angela Davis)

Sonia Floire (Angela Davis)

L'auteur embrassant la statue de sa grande tante Gerty

L'auteur embrassant la statue de sa grande tante Gerty

La toute première lecture à l'occasion de la journée de la femme (mars 2006) dans la grande salle de conférences de l'espace Niemeyer place du Colonel Fabien

La toute première lecture à l'occasion de la journée de la femme (mars 2006) dans la grande salle de conférences de l'espace Niemeyer place du Colonel Fabien

Inauguration de la rue Gerty Archimède (mai 2007) en présence de mme Hidalgo et de la maire du 12è arrondissement de Paris

Inauguration de la rue Gerty Archimède (mai 2007) en présence de mme Hidalgo et de la maire du 12è arrondissement de Paris

Photos ci-dessous: Brigitte Enguerrand

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Mariann Matheus, Sonia Floire et Marie-Noelle Eusèbe (remplacée à Avignon)

Mariann Matheus, Sonia Floire et Marie-Noelle Eusèbe (remplacée à Avignon) Photo Alain Foix

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Avis pour Avignon

In 2.4- Théâtre, 3- Spectacle vivant on 14 juin 2009 at 1:44

Nous relançons l’aventure de Pas de prison pour le vent à Avignon cet été (du 8 au 31 juillet, 12h40 tous les jours) dans le magnifique théâtre du Petit Louvre (tout près du Palais des Papes).

J’y serai dès le 29 juin pour le montage technique avec Antoine Bourseiller, metteur en scène.

Dès le 29 juin, je compte lancer une chronique avignonaise (cahiers d’Avignon) portant un regard sur la vie de cette ville lors du festival, un peu à la manière de mes chroniques hollywoodiennes (cahiers de Californie) de l’été dernier (voir les archives). Ainsi, ceux qui n’ont pu se rendre sur place pourront vivre à travers le prisme de mes textes une aventure d’un mois faite sans aucun doute de galères en tous genres d’une compagnie se produisant dans le off d’Avignon. Restez à l’écoute.

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Ci-dessous, la salle de la chapelle au théâtre du Petit Louvre (225 places à remplir tous les jours au milieu de plus de 800 spectacles présentés à Avignon. Ca c’est téméraire! Que ceux qui ont déjà vu et apprécié ce spectacle fassent circuler le bouche à oreilles. C’est vital.) P.S. Salle climatisée, fauteuils confortables, on peut y dormir à l’aise (voilà un argument publicitaire). En prime, deux extraits vidéos: extrait1, extrait2

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Lecture de Vénus et Adam

In 3- Spectacle vivant on 13 juin 2009 at 8:13

L’association L’Ecritoire organise le 22 juin 2009 à 20h au théâtre Darius Milhaud à Paris (19è), une lecture de Vénus et Adam (Grand Prix Beaumarchais_ETC). J’en profite pour mettre au point cette lecture avec les comédiens pressentis pour la création de cette pièce que la compagnie Quai des arts produira et que je mettrai en scène. C’est l’occasion de confronter une nouvelle fois ce texte au public et à sa critique qui sera bienvenue lors de la discussion qui s’ensuivra, et qui contribuera  à notre réflexion sur ce projet. Alors bienvenue amis critiques.

Ci-dessous l’affiche de cette lecture produite par l’écritoire.

Vénus et Adam lecture