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OBAMA REELU, SOYONS « REVE ACTIONNAIRES ».

In Chronique des matins calmes on 7 novembre 2012 at 9:22

CA C’EST AUJOURD’HUI!!!

ET CA C’ETAIT HIER, C’EST A DIRE EXACTEMENT 50 ans, 1962.

Martin Luther King n’avait pas encore fait sa Marche sur Washington et offert son Rève au monde entier, en 1963, sous la statue de Lincoln. Il n’avait pas encore prédit comme il le fit en 1964, l’élection dans une quarantaine d’années d’un noir à la présidence des Etats-Unis comme le fit également le Président Kennedy. Et c’est sans doute aussi pour ça qu’ils ont été tués, comme je l’écris dans ma biographie de Martin Luther King : « N’a-t-il pas en 1964, annoncé à la télévision, la possibilité que les Etats-Unis éliraient d’ici quarante ans un président noir, en total accord avec le Président John Fitzgerald Kennedy qui avait pronostiqué la même chose ? Peut-être est-ce même cette pensée, si complice de celle d’un noir qui a précipité JFK dans une tombe ?  MLK comme JFK voit loin, trop loin peut-être. Sans doute a-t-il tort d’avoir raison trop tôt… Que s’est-il passé pour que le 15 juillet 2011, Barack Obama, Président des Etats-Unis, contemple avec Ruby Bridges elle-même dans une aile ouest de la Maison Blanche, près du bureau ovale, le tableau de Norman Rockwell qui y est accroché ? C’est le produit du combat de Martin Luther King qui, dès 1960, prit un nouveau tour à l’occasion des élections présidentielles. »

Le rêve de Martin Luther King est toujours en marche. Mais cela n’est pas qu’un rêve américain. Il est par nature universel. Le rêve, on le sait depuis Freud, est la part consciente de l’activité inconsciente. Et dans la masse du non-dit, il y a toujours la part du refoulé et son retour possible. Mitt Romney pouvait derrière sa face souriante, apporter cette part grimaçante du « Tea Party » Un rêve éveillé peut être aussi une entreprise qui suppose des actionnaires. Ce rêve-là est une entreprise multinationale. Son siège est actuellement aux Etats-Unis, alors qu’il le fut d’abord en France. Une entreprise, on le sait, est ce qu’en font ses actionnaires et ses employés qui peuvent aussi l’être. Regarder ce qui se passe aux US sans mettre soi-même la main à la pâte, c’est courir à l’échec. Qu’aurait été la révolution américaine sans l’intervention de la France et de La Fayette? Qu’en est-il en France et ailleurs de la promotion sociale de ceux qu’on enferme dans les ghettos de banlieue? Le rêve se relève en titubant de l’autre côté de l’Océan. Il pourrait retourner aux limbes parce que comme le dit Bertolt Brecht, « Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde. »
Alors, Français, Américains, démocrates du monde entier, encore un effort pour être « rêve actionnaires ». Et plutôt que dénigrer, comme le font certains assis sur leurs certitudes de gauche et regardant le premier président américain non wasp se débattre contre la réaction d’un pays si violent qui cherche à entraver ses réformes les plus sociales, en disant « oh! qu’il est décevant », pourquoi pas agir à notre manière sur nos propres inégalités, rejoignant cet espoir fragile qu’il tient à bout de bras? Oui, on peut rêver et s’exclamer: « Obama, nous voilà ».

Martin sort, Mumia reste

In 2- Publications, 2.1- Essais, 2.3- Romans, 2.4- Théâtre, 3- Spectacle vivant on 17 octobre 2012 at 10:41

Aujourd’hui, 18 octobre 2012, MARTIN LUTHER KING sort dans toutes les librairies en Folio-biographies sous ma signature.

Demain 19 octobre, MUMIA ABU-JAMAL reste en prison aux Etats-Unis malgré nos cris et nos écrits. La Dernière Scène où il dialogue avec Martin Luther King est un de ces cris. Petite goutte dans l’océan des protestations. Ce cri est encore à entendre demain dans la salle de CANAL 93 à Bobigny. Maintes oreilles se tendent: les deux séances de la journée sont déjà complètes. Nous espérons chaque fois le pousser le plus beau et le plus juste, le plus émouvant possible. Nous espérons surtout que par sa forme et son intensité, il se répercute en échos et réflexions. Ce n’est qu’un chant de poète poussé par deux beaux interprètes (Mariann Mathéus et Assane Timbo) et comme tel, il ne vaut que s’il est chanté et répercuté par d’autres, de loin en loin. Espérons, bouteille à la mer, qu’il atteigne les rives de l’Amérique. Depuis ses trente ans de solitude dans une geôle de Pennsylvanie, je sais que Mumia l’a déjà entendu par les oreilles de son fils venu l’entendre à Bobigny. Et si l’art avait comme Martin le disait du chant, la faculté d’aider à briser les barreaux? Et pourquoi pas? Why not?