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Fabuleux Jean-Claude DROUOT

In Chronique des matins calmes on 20 mars 2011 at 9:43

Jean-Claude DROUOT, Assane TIMBO, Alain FOIX au salon du livre

Question: Qu’est-ce qu’un acteur?

Réponse: Celui dont la parole vous saisit, et parfois vous sidère.

Vendredi 18 mars, 17h 30, stand des Outre-mers. Je suis invité à lire des extraits de ma pièce « Rue Saint-Denis » devant le public du salon du livre de Paris. Cette pièce étant en cours de création (rappel: à partir du 24 mars 2011 au théâtre de l’Epée de bois), je demande à Jean-Claude DROUOT qui fait partie de la distribution, de dire deux ou trois de ses monologues. Je demande également à Assane TIMBO de lire au débotté des passages du texte joué par Modeste NZAPASSARA, indisponible ce jour-là. Ce qu’il accepte volontiers et va faire avec brio.

Aux abords du stand, c’est l’inquiétude. L’espace de lecture, déchiré par plusieurs rayons de livres, dessiné dans la largeur, nous semble assez impropre à une bonne écoute. Le public est déjà là, assez nombreux. Mais autour, la rumeur des lecteurs et badauds du salon, crée autour de nous des nuages de mots irradiant notre espace de manière intrusive. Tout à fait l’opposé des conditions requises pour faire entendre une parole de théâtre.

Jean-Claude parle et le silence se fait. Il devient peu à peu Oreste Moulineaux, son personnage, et se dessine tout autour de nous une zone de silence qui se répand comme une nappe de pétrole sur la mer. Le silence est d’or, il a lancé son filet. Mais la parole est d’argent. Voici que celle de Jean-Claude a capté les poissons dans ses mailles. Il tire, il tire, il parle, il joue, et voici que, pêche miraculeuse, des bancs d’auditeurs sidérés et bouche bée se massent autour de nous. Assis à côté de Jean-Claude, j’observe, incrédule cet étrange phénomène. J’expérimente in vivo la capacité d’une voix à cueillir des esprits. La puissance de Jean-Claude joue à plein. Il en jouit, j’en ai conscience. Il semble exulter intérieurement. Il est ici général de l’armée du théâtre. Il conquiert un nouveau territoire, il colonise pour un temps les esprits, les soumet à ses mots. Il pourra les livrer à Assane TIMBO qui, à l’aarière-garde les cueille bellement dans les nappes mélodiques d’une lecture maîtrisée Je suis, comme tous ces spectateurs inattendus, sidéré. Je me laisse emporter dans mon propre texte. Il m’a dépossédé de mon texte pour mieux le livrer au public, et j’applaudis des quatre mains. Bravo l’artiste!

Rue Saint-Denis au théâtre de l’Epée de bois

In 2.4- Théâtre on 9 mars 2011 at 3:38

Après la création de Rue Saint-Denis à l’Artchipel, scène nationale de la Guadeloupe où elle y a connu un vif succès, nous voici de nouveau de retour à Paris où nous allons la reprendre pour la création Parisienne.

Si on écoute (comme il est souvent conseillé de le faire dans tous les théâtres) l’avis des techniciens et professionnels de cette scène nationale qui nous disent que réussir en Guadeloupe devant un public aussi difficile et exigent, est un gage de réussite en tous lieux, alors nous voici assez confiants à 15 jours de la première parisienne. Il est vrai qu’en Guadeloupe, même les nombreuses classes de lycéeens qui sont venus, ont plébiscité ce spectacle, incitant leurs parents à aller le voir (nous avons, paraît-il, battu le record de fréquentation en matière de théâtre, de cette salle de 550 places).

Les raisons de ma confiance (toute relative, il est vrai, je cache mon trac) tiennent essentiellement en la qualité des interprètes (Viktor Lazlo, Jean-Claude Drouot, Cathy Bodet, Modeste Nzapassara, Mike Fédée), de la musique composée par Patrick Marcland et brillamment interprétée par Joonatan Rautiola, de la lumière créée par Ivan Mathis, du son géré par Kenan Trevien, des costumes créés par Charlotte Villermet, du décor créé par Laurent Berman et aussi à la qualité et au soutien sans faille de l’ensemble de l’équipe (collaboration gestuelle de Manuèle Robert, assistance à la mise en scène assurée par Natasha Mashkevitch, relations presse de Murielle Richard, relations publiques et communication mises en oeuvre par Ghislaine Gadjard, affiche de Nelson Foix, le tout de la production suivie par Jean-Jacques Barey).

Pour le reste, à savoir le texte et la mise en scène qui sont l’oeuvre de votre serviteur, je vous laisse seuls juges et vous invite à venir sur place vous faire votre idée, au théâtre de l’Epée de bois du 24 mars au 17 avril.

Venez nombreux. Même pas peur!

Alain Foix