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Heureux les simples d’esprit

In Chronique des matins calmes on 31 décembre 2011 at 4:21

Aujourd’hui, 31 décembre 2011. 11h30 à Sainte-Anne, Guadeloupe, 16h 30 à Paris. Mon année 2011 durera cinq heures de plus. Depuis ce balcon où un chapelet multicolore de boules de noël se découpe en grand sourire sur un ciel qui se fronce, je regarde l’arbre à pain, le goyavier et le manguier se balançant au vent qui souffle en rafales. Le temps, radieux ce matin, se dégrade en averse tropicale. Le ciel est bouché, mais pas tout à fait. Une mince ligne bleue se dessine déjà sur l’horizon. Dans quelques jours je serai de nouveau à Paris.
J’aimerais comme l’oiseau migrateur avoir le temps qui se lisse entre mes deux horizons. Que le temps ne soit qu’un dans un continuum reliant comme un pont ses deux rives, comme un arc-en-ciel ses deux bouts de ciel.
L’an dernier, à la même époque, je me préparais à monter cette pièce, Rue Saint-Denis, écrite à l’époque où je pensais encore que l’horizon final était celui-ci où jappent des chiens jaunes et chantent des coqs de midi sur les arbres à pain. Une pièce tout empreinte de nostalgie et où ma langue se créolise. Je l’ai montée, cette pièce, dans le théâtre, la scène nationale de Guadeloupe, dont 20 ans plus tôt j’avais signé le projet architectural. Je bouclais une boucle. J’en finissais avec la nostalgie. Je passais à autre chose. Mais quoi ? Cette pièce, une fois montée (et démontée) dort de nouveau en moi et joue en moi. Pourtant je sais maintenant ma distance avec elle. Je l’ai mise en scène et pour cela pris la distance nécessaire avec l’écrivain que je suis. Cette pièce fut de mon point de vue et de celui de quelques personnes, auteurs, comédiens, et metteurs en scène dont j’estime le jugement, une réussite. Mais quelque chose en moi dit finalement son insatisfaction. Peut-être celle propre à l’artiste. Peut-être pas. Je suis venu ici pour embrasser ma mère au dernier jour de l’an. Je sens que c’est aussi pour embrasser ma terre. Ma terre et ma mère se confondent dirait-on. Et je suis là à quelques heures du jour de l’an. Je rentrerai le lendemain et me demande, question idiote, sans doute : quel est le sens de tout cela ? Un sens qui s’inscrit d’Est en Ouest.
J’écoutais Trinh Xuan Thuan, hier dans la voiture à Pointe-à-Pitre. C’était dans l’émission le Grand entretien sur France-Inter. Ce grand astronome répondait aux questions de François Busnel : « Y a-t-il selon vous un sens à la vie ? ». « Certainement, répondit-il en substance, l’univers a créée la conscience et la conscience est l’instrument par lequel l’univers se voit et exprime son sens. » C’est exactement ce que je pense depuis longtemps. Notre pensée est le miroir de l’univers. Miroir par lequel il se voit. Nous sommes ses yeux. Chacun de nous. Le sens de la vie est aussi le regard que nous portons à la nôtre. Alors je cherche encore. Je cherche cette identité. Certains l’ont paraît-il trouvée d’emblée en levant leur drapeau, en vantant leur folklore. Heureux les simples d’esprit.

Du côté de Simone Schwartz-Bart

In Chronique des matins calmes on 28 décembre 2011 at 2:18

Ce bruissement de feuilles. Ces balancements au vent. Ces cris d’oiseaux perçants, suraigus et réguliers. Ces coqs qui chantent en plein midi. Ce linge multicolore qui se balance dans l’alizé sous le grand goyavier. Ces cris joyeux d’enfants venant de loin et ces coups de marteaux répétés sur un toit de tôle ondulée. Ce colibri qui s’immobilise sous mes yeux faisant vibrer toute la palette de vert de son plumage. Il semble sortir de l’arc-en-ciel qui étale comme un paon sa roue sous les nuages après l’averse brutale qui vient d’immobiliser le paysage. Ce balancement encore dont je ressens toujours les effets au sortir du grand ballet des algues océaniques, alangui, encore humide sur mon rocking-chair. Je suis chez moi. Oui, chez moi. Je suis chez moi. Tout est si calme en moi. Et cependant, je suis d’ailleurs aussi. L’autre chez moi, là-bas dans le froid, est l’autre temps. Pas le temps qu’il fait, plutôt le temps qui passe. L’identité c’est d’abord un paysage. Un paysage est d’abord une qualité de temps. Deux temps en moi, au moins. Celui qui cherche en la multiplicité de ses essences, de ses parfums, de ses couleurs et de ses sons, à arrêter le temps au cœur du balancement. Et l’autre là bas, qui court après la vie, qui se veut être le temps dans sa fluidité même, qui existe dans l’urgence, dans la ligne droite ou à peine courbée. La faim toujours, l’appétit de courir, sans cesse dans la recherche, celui du temps perdu, du temps à ne pas perdre. C’est la vie rêvée du surfer. Ici, je ne surfe pas. Je me balance et me laisse emplir. Je prends et je n’attrape pas. Ce pourrait être le simple effet des vacances. Je ne crois pas. C’est le retour au temps qui sourd en moi, à mon temps-source.

Hier, je suis allé rendre visite à Simone Schwartz-Bart dans sa grande maison au cœur de la forêt. Sa voix d’eau douce, son calme fondamental, son exquise gentillesse. La Guadeloupe profonde. Un merle siffle. Depuis, la lecture de son livre « Pluie et vent sur Télumée miracle », il y a maintenant des décennies, je ne peux voir un de ces merles noirs aux yeux jaunes sans penser à elle. Elle, que j’ai filmé il y a bien des années, se balançant sur son rocking-chair dans son ancienne boutique d’antiquités à Pointe-à-Pitre, me racontant avec émotion la vie des scieurs de long de sa chère commune de Goyave, je la retrouve là et nous nous parlons entre écrivains. Je l’ai rejointe en littérature comme une rivière rejoint un fleuve. Quelques mornes plus loin, Maryse Condé, l’autre visage de l’île, plus sévère et plus sombre sur les hauteurs de Montebello, m’avait accueilli dans sa maison. Ces deux visages-là dans leur opposition et leur complémentarité reflètent si bien l’ombre et la lumière qui se jouent aux faciès, aux caractères des gens d’ici. Curieux comme la littérature dans ses hauteurs, tout comme la politique ici, semblent portés par le versant féminin. Maryse, elle, a quitté le pays parce que son fleuve d’écriture lui semblait se tarir au milieu d’un paysage qui l’absorbait comme un buvard. Tout au contraire celle de Simone s’étale en vives et molles ravines au milieu des ajoncs. Elle est maîtresse de l’ombre. Je baigne entre ces eaux femelles. Sans doute suis-je incapable de rompre dans l’écriture avec ce paysage. Sans doute suis-je incapable tout autant d’y rester. Mes deux temps jouent en moi. Ils sont dans leurs frottements mes moteurs d’écrivain.

Je quitte Simone. Nous avons un projet ensemble. Il semble que mon ici-là-bas lui soit utile. Je n’en dirai pas plus. Ca tourne autour de la littérature. Je la quitte et je la vois au milieu de ses petits enfants, leur faisant leur goûter. Je la vois aussi partir dans l’autre maison, la grande, celle d’à côté, celle qu’elle vient d’abandonner à l’Histoire et aux souvenirs et où elle a tant vécu et écrit avec la complicité de son mari, l’immense André Schwartz-Bart aujourd’hui disparu. Elle n’y peut plus écrire. Elle va y préparer à manger à une chercheuse israélienne venue en résidence étudier la vie et l’œuvre de son mari. Elle me dit : « Elle ne mange que casher ». Je la regarde en la quittant, son œil clair et ses cheveux de vent. Mais oui, bien-sûr, elle est ici ailleurs et elle tient son ailleurs ici. Elle est toute créole, créole fondamentale.

Le rond pain du théâtre

In Pas de catégorie on 22 décembre 2011 at 12:53

 

Théâtre du Rond-Point, Golgota Picnic. La multiplication des pains : des tranches de hamburgers jonchant la scène. Je compte et, selon mes calculs rapportant la surface couverte à celle, moyenne de chaque morceau: 25 464, 73 pains ronds par soir, écrasés, piétinés contre la piété.  Soit 229 162, 57 petits pains en 9 représentations. Mon cœur se soulève et je m’interroge. Non pas cette bouche en gros plan qui déglutit et laisse couler le long des lèvres cette pâte de pain et de viande hachée gluante et jaune qu’elle vient de mâcher. Non pas ces vers de terre grouillant dans un empilement instable de tranches de pains en forme de triple hamburger sur lequel on épingle l’étiquette Babel. Non pas ce burger vertical en gros plan dont on découvre qu’il est le sexe de la comédienne assise, jambes écartées devant la caméra. Même pas ce corps du Christ étendu sur le visage duquel on vient écraser des kilos de viande hachée préalablement passée dans une moulinette filmée, encore une fois, en gros plan. Non pas ce texte scandé en espagnol sous-titré en français qui dit dans une prose qui ne manque pas d’éclat des choses entendues, des choses qui se dégueulent dans une logorrhée dans laquelle des morceaux de vraie intelligence et de pertinence, d’humour et de justesse, le disputent à des banalités et des naïvetés sans nom. Non pas ces images décoiffantes d’une femme (ange déchu en noir au début, puis ange blanc à la fin) tombant du ciel en vol libre dans les harmoniques du vent projetées à pleine puissance par les haut-parleurs. Encore moins ce corps massif et rond d’homme moyen, d’une banale laideur, corps blanchâtre, mou et mat qui joue nu, bellement, image surréaliste, sur le corps noir, brillant, somptueux, d’un piano à queue. Il joue les Sept dernières paroles du Christ sur la croix de Haydn, clôturant la pièce dans une longue agonie, un Golgotha musical d’une bonne demi-heure dans un silence faisant mur où s’écrivent note à note des lamentations s’élevant peu à peu de ce corps de chair épaisse vers des sommets de spiritualité. Et ce faisant, l’œuvre finit comme en contrepoint de ce qu’elle a commencé. Comme si l’artiste dénonçait lui-même ses contradictions et ses impostures tel un moine de Bataille se mettant en scène dans une pièce sacrée-salée.

Non, le malaise que je ressens (cette odeur de pain qui me retourne le cœur et m’agite au-delà du conscient, de l’esthète qui juge les beautés et les faiblesses d’une œuvre) s’apaise étrangement dans le déplacement inattendu de deux jeunes femmes (sans doute catholiques pratiquantes) qui se lèvent dans le noir et descendent en bord de scène prélever comme deux pies volant l’impie, deux morceaux de pain pour s’en retourner s’asseoir sagement, sans mot dire. C’est le plus beau moment du spectacle qui n’est pas le spectacle lui-même. Elles ont dit en silence, en belle intelligence, ce qu’elles avaient à dire : le sacré est le pain. C’est ce que mon corps tout entier, mon inconscient, avait à dire, moi qui me dis agnostique. Et alors ? La morale dont nous sommes pétris, moi-même autant que cet artiste se dépêtrant comme un adolescent, jeune animal pris dans un filet, est efficiente. Elle est dans l’ADN de notre culture, qu’on soit laïque ou chrétien, qu’on croie au ciel ou qu’on n’y croie pas. Ce n’est pas un spectacle quelle que soit sa qualité qui changera ça. Ces deux pies voleuses volent au-dessus de tout ça. Alors, beaucoup de bruit pour rien ? Oui, sans doute de part et d’autre. Pour un croyant modéré, pas de quoi fouetter un chat. Sade, Diderot, Voltaire, Nietzsche ou même Freud ont lancé des scuds bien plus efficaces car d’intelligence et de raison contre les dogmes de la religion. La provocation dont ils ont fait preuve étant une conséquence de leur pensée se frayant un chemin de vérité, et non un but. Ce spectacle-là, tout au contraire, utilise le savoir-faire indéniable d’un artiste comme outil de provocation. Là est le malaise. Il n’y a pas seulement de la naïveté baignée d’outrance dans ce spectacle, mais de la fausseté, de la manipulation, de l’inauthentique. Tous les grands artistes qui ont fait scandale et sont entrés dans l’histoire l’ont fait par une nécessité impérieuse, intrinsèque, de changer les codes de l’écoute et de la vision alliés au sentiment de la beauté et du sublime pour trouver des chemins d’expression nouvelle. Ces changements esthétiques font par eux-mêmes des victimes collatérales dans le champ social de la religion et de la politique. Mais la force d’inertie et de récupération de la société est telle qu’une fois refermées les cicatrices d’un Picasso, d’un Schönberg ou d’un Brecht sur la peau de la culture, celles-ci deviennent intouchables et sont les scarifications de sa fierté. Alors, bien-sûr, pour qu’advienne de nouveau ce possible, il faut laisser libre l’espace de la création, et on ne peut reprocher aux programmateurs, quels qu’en soient les conséquences esthétiques, morales ou politiques, de prendre le risque de la création. C’est leur mission et leur honneur.

Cela dit, ce qui s’est passé sur la scène du Rond Point et a créé un tel « buzz » médiatique, ne trouve à mes yeux qu’un point de vérité dans toute cette mascarade. Cette vérité est dans l’œuvre même, toujours ; sur la scène, le pupitre ou le tableau. Dans ce qu’on peut appeler le contenu de vérité d’une forme esthétique. C’est pour cela qu’on a tant besoin de critiques qui sont de la médecine de l’art : ils ne font ni sa maladie, ni sa santé, mais font des diagnostics et font parler ses symptômes. Ils manquent cruellement dans nos journaux qui laissent plus d’espace à l’événement qu’à la chose même. Oui, il y a une chose en laquelle Rodrigo Garcia est juste et vrai : il se pose de manière masochiste comme antéchrist esthétique et dit en même temps que le Christ est un charlatan qui a réussi. Le premier portant à sa manière les qualités de celui auquel il s’oppose, comme l’ange noir à l’ange blanc, devient ainsi touchant dans cet aveu. Et c’est peut-être bien ce charlatanisme avoué publiquement et mis en scène par l’artiste lui-même qui donne à cette œuvre toute sa qualité.

 

Alain Foix

 

Justine à Bondy

In Pas de catégorie on 9 décembre 2011 at 2:36

Chers lecteurs, voici de quoi vous donner envie de venir à Bondy: un extrait de Justine de Sade dans lequel l’infortunée héroïne du Divin marquis a la mauvaise idée de venir à Bondy. Du pur plaisir littéraire. Sans vouloir sauter du coq à l’âne (et sans vilaines allusions à cette littérature des bois qu’on trouve aussi dans le Songe…) je pense que dans quelques heures, je vais prendre le RER et me retrouver quelques minutes plus tard au  coeur du scandale du Rond-Point  des Champs Elysées. Champs où se fait le « pique-nique de Golgotha » (Golgotha picnic) qui rassemble tous ces excités de la foi autour d’un théâtre brûlant.  Et je me dis que, tudieu! Pourquoi ne demande-t-on pas qu’on brûle tous les livres de Sade et tous ceux de Diderot (qui a donné son nom à ma bien-aimée bibliothèque de Bondy). Car, sans même avoir vu cette pièce, je me dis que ces deux grands maîtres de la littérature ont sans doute été plus loin dans la critique de la religion que ne le feront jamais les auteurs d’aujourd’hui. Et ce, il y a plus de deux siècles! Mais bon, comme le prophétisait déjà un célèbre Bondynois: « le 21 siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Des petits malins ont remplacé spirituel par religieux. Ce qui n’est pas la même chose.  Malraux, de Bondy? Et oui, personne n’est parfait.

JUSTINE OU LES MALHEURS DE LA VERTU du Marquis de Sade (Extrait)

Dès le même jour nous gagnâmes la chaumière d’un braconnier de la forêt de Bondy, intime ami de notre bande.

– Te voilà libre, Thérèse, me dit alors la Dubois, tu peux maintenant choisir tel genre de vie qu’il te plaira, mais si j’ai un conseil à te donner, c’est de renoncer à des pratiques de vertu qui, comme tu vois, ne t’ont jamais réussi ; une délicatesse déplacée t’a conduite aux pieds de l’échafaud, un crime affreux m’en sauve ; regarde à quoi les bonnes actions servent dans le monde, et si c’est bien la peine de s’immoler pour elles ! Tu es jeune et jolie, Thérèse : en deux ans je me charge de ta fortune; mais n’imagine pas que je te conduise à son temple par les sentiers de la vertu : il faut, quand on veut faire son chemin, chère fille, entreprendre plus d’un métier et servir à plus d’une intrigue ; décide-toi donc, nous n’avons point de sûreté dans cette chaumière, il faut que nous en partions dans peu d’heures.

– Oh ! madame, dis-je à ma bienfaitrice, je vous ai de grandes obligations, je suis loin de vouloir m’y soustraire ; vous m’avez sauvé la vie ; il est affreux pour moi que ce soit par un crime ; croyez que s’il me l’eût fallu commettre, j’eusse préféré mille morts à la douleur d’y participer ; je sens tous les dangers que j’ai courus pour m’être abandonnée aux sentiments honnêtes qui resteront toujours dans mon coeur ;  mais quelles que soient, madame, les épines de la vertu, je les préférerai sans cesse aux dangereuses faveurs qui accompagnent le crime. Il est en moi des principes de religion qui, grâces au ciel, ne me quitteront jamais ; si la providence me rend pénible la carrière de la vie, c’est pour m’en dédommager dans un monde meilleur. Cet espoir me console, il adoucit mes chagrins, il apaise mes plaintes, il me fortifie dans la détresse, et me fait braver tous les maux qu’il plaira à Dieu de m’envoyer. Cette joie s’éteindrait aussitôt dans mon âme si je venais à la souiller par des crimes, et avec la crainte des châtiments de ce monde, j’aurais le douloureux aspect des supplices de l’autre, qui ne me laisserait pas un instant dans la tranquillité que je désire.

– Voilà des systèmes absurdes qui te conduiront bientôt à l’hôpital, ma fille, dit la Dubois en fronçant le sourcil ; crois-moi, laisse là la justice de Dieu, ses châtiments ou ses récompenses à venir ; toutes ces platitudes-là ne sont bonnes qu’à nous faire mourir de faim. Ô Thérèse ! la dureté des riches légitime la mauvaise conduite des pauvres ; que leur bourse s’ouvre à nos besoins, que l’humanité règne dans leur coeur, et les vertus pourront s’établir dans le nôtre ; mais tant que notre infortune, notre patience à la supporter, notre bonne foi, notre asservissement, ne serviront qu’à doubler nos fers, nos crimes deviendront leur ouvrage, et nous serions bien dupes de nous les refuser quand ils peuvent amoindrir le joug dont leur cruauté nous surcharge. La nature nous a fait naître tous égaux, Thérèse ; si le sort se plaît à déranger ce premier plan des lois générales, c’est à nous d’en corriger les caprices et de réparer, par notre adresse, les usurpations du plus fort. J’aime à les entendre, ces gens riches, ces gens titrés, ces magistrats, ces prêtres, j’aime à les voir nous prêcher la vertu ! Il est bien difficile de se garantir du vol quand on a trois fois plus qu’il ne faut pour vivre ; bien malaisé de ne jamais concevoir le meurtre, quand on n’est entouré que d’adulateurs ou d’esclaves dont nos volontés sont les lois ; bien pénible, en vérité, d’être tempérant et sobre, quand on est à chaque heure entouré des mets les plus succulents  ils ont bien du mal à être sincères, quand il ne se présente pour eux aucun intérêt de mentir !… Mais nous, Thérèse, nous que cette providence barbare, dont tu as la folie de faire ton idole, a condamnés à ramper dans l’humiliation comme le serpent dans l’herbe ; nous qu’on ne voit qu’avec dédain, parce que nous sommes pauvres ; qu’on tyrannise, parce que nous sommes faibles ; nous, dont les lèvres ne sont abreuvées que de fiel, et dont les pas ne pressent que des ronces, tu veux que nous nous défendions du crime quand sa main seule nous ouvre la porte de la vie…

Et le jeune négociant me pria de lui raconter alors les raisons qui m’engageaient à m’éloigner de Paris, où je lui avais dit que j’étais née. Je le fis avec autant de confiance que d’ingénuité.

– Oh ! si ce n’est que cela, dit le jeune homme, je pourrai vous être utile avant d’être à Lyon ; ne craignez rien, Thérèse, votre affaire est assoupie; on ne vous recherchera point, et moins qu’ailleurs assurément dans l’asile où je veux vous placer.

J’ai une parente auprès de Bondy, elle habite une campagne charmante dans ces environs ; elle se fera, j’en suis sûr, un plaisir de vous avoir près d’elle ; je vous y présente demain.

Remplie de reconnaissance à mon tour, j’accepte un projet qui me convient autant ; nous nous reposons le reste du jour à Luzarches, et le lendemain nous nous proposâmes de gagner Bondy, qui n’est qu’à six lieues de là.

– Il fait beau, me dit Saint-Florent, si vous me croyez, Thérèse, nous nous rendrons à pied au château de ma parente, nous y raconterons notre aventure, et cette manière d’arriver jettera, ce me semble, encore plus d’intérêt sur vous. Bien éloignée de soupçonner les desseins de ce monstre et d’imaginer qu’il devait y avoir pour moi moins de sûreté avec lui que dans l’infâme compagnie que je quittais, j’accepte tout sans crainte, comme sans répugnance ; nous dînons, nous soupons ensemble ; il ne s’oppose nullement à ce que je prenne une chambre séparée de la sienne pour la nuit, et après avoir laissé passer le grand chaud, sûr à ce qu’il dit que quatre ou cinq heures suffisent à nous rendre chez sa parente, nous quittons Luzarches

et nous nous acheminons à pied vers Bondy.

Il était environ cinq heures du soir lorsque nous entrâmes dans la forêt. Saint-Florent ne s’était pas encore un instant démenti : toujours même honnêteté, toujours même désir de me prouver ses sentiments;  ussé-je été avec mon père, je ne me serais pas crue plus en sûreté. Les ombres de la nuit commençaient à répandre dans la forêt cette sorte d’horreur religieuse qui fait naître à la fois la crainte dans les âmes timides, le projet du crime dans les coeurs féroces. Nous ne suivions que des sentiers ; je marchais la première, je me retourne pour demander à Saint-Florent si ces routes écartées sont réellement celles qu’il faut suivre, si par hasard il ne s’égare point, s’il croit enfin que nous devions arriver bientôt.

– Nous y sommes, putain, me répondit ce scélérat, en me renversant à terre d’un coup de canne sur la tête qui me fait tomber sans connaissance…

Oh ! madame, je ne sais plus ni ce que dit, ni ce que fit cet homme ; mais l’état dans lequel je me retrouvai ne me laissa que trop connaître à quel point j’avais été sa victime. Il était entièrement nuit quand je repris

mes sens ; j’étais au pied d’un arbre, hors de toutes les routes, froissée, ensanglantée… déshonorée, madame ; telle avait été la récompense de tout ce que je venais de faire pour ce malheureux ; et portant l’infamie au dernier période, ce scélérat, après avoir fait de moi tout ce qu’il avait voulu, après en avoir abusé de toutes manières, de celle même qui outrage le plus la nature, avait pris ma bourse… ce même argent que je lui avais si généreusement offert. Il avait déchiré mes vêtements, la plupart étaient en morceaux près de moi, j’étais presque nue, et meurtrie en plusieurs endroits de mon corps ; vous jugez de ma situation : au milieu des ténèbres, sans ressources, sans honneur, sans espoir, exposée à tous les dangers. Je voulus terminer mes jours : si une arme se fût offerte à moi, je la saisissais, j’en abrégeais cette malheureuse vie, qui ne me présentait que des fléaux…

– Le monstre ! que lui avais-je donc fait, me disais-je, pour avoir mérité de sa part un aussi cruel traitement? Je lui sauve la vie, je lui rends sa fortune, il m’arrache ce que j’ai de plus cher ! Une bête féroce eût été moins cruelle ! Ô homme, te voilà donc, quand tu n’écoutes que tes passions ! Des tigres au fond des plus sauvages déserts auraient horreur de tes forfaits. Quelques minutes d’abattement succédèrent à ces premiers élans de ma douleur ; mes yeux remplis de larmes se tournèrent machinalement vers le ciel ; mon cœur s’élance aux pieds du Maître qui l’habite… Cette voûte pure et brillante… ce silence imposant de la nuit… cette frayeur qui glaçait mes sens… cette image de la nature en paix, près du bouleversement de mon âme égarée, tout répand une ténébreuse horreur en moi, d’où naît bientôt le besoin de prier. Je me précipite aux genoux de ce Dieu puissant, nié par les impies, espoir du pauvre et de l’affligé.

Être saint et majestueux, m’écriai-je en pleurs, toi qui daignes en ce moment affreux remplir mon âme d’une joie céleste, qui m’as, sans doute, empêchée d’attenter à mes jours, ô mon protecteur et mon guide,

j’aspire à tes bontés, j’implore ta clémence : vois ma misère et mes tourments, ma résignation et mes voeux. Dieu puissant ! tu le sais, je suis innocente et faible, je suis trahie et maltraitée ; j’ai voulu faire le bien à ton exemple, et ta volonté m’en punit ; qu’elle s’accomplisse, ô mon Dieu ! tous ses effets sacrés me sont chers, je les respecte et cesse de m’en laindre ; mais si je ne dois pourtant trouver ici-bas que des ronces, est-ce t’offenser, ô mon souverain Maître, que de supplier ta puissance de me rappeler vers toi, pour te prier sans trouble, pour t’adorer loin de ces hommes pervers qui ne m’ont fait, hélas ! rencontrer que des maux, et dont les mains sanguinaires et perfides noient à plaisir mes tristes jours dans le torrent des larmes et dans l’abîme des douleurs ?

La prière est la plus douce consolation du malheureux ; il devient plus fort quand il a rempli ce devoir. Je me lève pleine de courage, je ramasse les haillons que le scélérat m’a laissés, et je m’enfonce dans un taillis pour y passer la nuit avec moins de risque. La sûreté où je me croyais, la satisfaction que je venais de goûter en me rapprochant de mon Dieu, tout contribua à me faire reposer quelques heures, et le soleil était déjà haut quand mes yeux se rouvrirent : l’instant du réveil est affreux pour les infortunés; l’imagination, rafraîchie des douceurs du sommeil, se remplit bien plus vite et plus lugubrement des maux dont ces instants d’un repos trompeur lui ont fait perdre le souvenir.

Eh bien, me dis-je alors en m’examinant., il est donc vrai qu’il y a des créatures humaines que la nature ravale au même sort que celui des bêtes féroces ! Cachée dans leur réduit, fuyant les hommes à leur exemple, quelle différence y a-t-il maintenant entre elles et moi ? Est-ce donc la peine de naître pour un sort aussi pitoyable ?… Et mes larmes coulèrent avec abondance en faisant ces tristes réflexions ; je les finissais à peine, lorsque j’entendis du bruit autour de moi ; peu à peu, je distingue deux hommes. Je prête l’oreille :

– Viens, cher ami, dit l’un d’eux, nous serons à merveille ici ; la cruelle et fatale présence d’une tante que j’abhorre ne m’empêchera pas de goûter un moment avec toi les plaisirs qui me sont si doux.

Ils s’approchent, ils se placent tellement en face de moi, qu’aucun de leurs propos, aucun de leurs mouvements ne peut m’échapper, et je vois… Juste ciel, madame, dit Thérèse, en s’interrompant, est-il possible que le sort ne m’ait jamais placée que dans des situations si critiques, qu’il devienne aussi difficile à la vertu d’en entendre les récits, qu’à la pudeur de les peindre ! Ce crime horrible lui outrage également et la nature et les conventions sociales, ce forfait, en un mot, sur lequel la main de Dieu s’est appesantie si souvent, légitimé par Coeur-de-Fer, proposé par lui à la malheureuse Thérèse, consommé sur elle involontairement par le bourreau qui vient de l’immoler, cette exécration révoltante enfin, je la vis s’achever sous mes yeux avec toutes les recherches impures, tous les épisodes affreux, que peut y mettre la dépravation la plus réfléchie ! L’un de ces hommes, celui qui se prêtait, était âgé de vingt-quatre ans, assez

bien mis pour faire croire à l’élévation de son rang, l’autre à peu près du même âge paraissait un de ses domestiques. L’acte fut scandaleux et long. Appuyé sur ses mains à la crête d’un petit monticule en face du

taillis où j’étais, le jeune maître exposait à nu au compagnon de sa débauche l’autel impie du sacrifice, et celui-ci, plein d’ardeur à ce spectacle, en caressait l’idole, tout prêt à l’immoler d’un poignard bien plus affreux et bien plus gigantesque que celui dont j’avais été menacée par le chef des brigands de Bondy ; mais le jeune maître, nullement craintif, semble braver impunément le trait qu’on lui présente ; il l’agace, il l’excite, le couvre de baisers, s’en saisit, s’en pénètre lui-même, se délecte en l’engloutissant ; enthousiasmé de ses criminelles caresses, l’infâme se débat sous le fer et semble regretter qu’il ne soit pas plus effrayant encore ; il en brave les coups, il les prévient, il les repousse… Deux tendres et légitimes époux se caresseraient avec moins d’ardeur… Leurs bouches se pressent, leurs soupirs se confondent, leurs langues s’entrelacent, et je les vois tous deux, enivrés de luxure, trouver au centre des délices le complément de leurs perfides horreurs. L’hommage se renouvelle, et pour en rallumer l’encens, rien n’est épargné par celui qui l’exige ; baisers, attouchements, pollutions, raffinements de la plus insigne débauche, tout s’emploie à rendre des forces qui s’éteignent, et tout réussit à les ranimer cinq fois de suite ; mais sans qu’aucun des deux changeât de rôle. Le jeune maître fut toujours femme, et quoiqu’on pût découvrir en lui la possibilité d’être homme à son tour, il n’eut pas même l’apparence d’en concevoir un instant le désir. S’il visita l’autel semblable à celui où l’on sacrifiait chez lui, ce fut au profit de l’autre idole, et jamais nulle attaque n’eut l’air de menacer celle-là. Oh ! que ce temps me parut long ! Je n’osais bouger, de peur d’être aperçue ; enfin les criminels acteurs de cette scène indécente, rassasiés sans doute, se levèrent pour regagner le chemin qui devait les conduire chez eux, lorsque le maître s’approche du buisson qui me recèle ; mon bonnet me trahit… Il l’aperçoit…

– Jasmin, dit-il à son valet, nous sommes découverts… Une fille a vu nos mystères… Approche-toi, sortons de là cette catin, et sachons pourquoi elle y est.

Je ne leur donnai pas la peine de me tirer de mon asile ; m’en arrachant aussitôt moi-même, et tombant à leurs pieds :

– Ô messieurs ! m’écriai-je, en étendant les bras vers eux, daignez avoir pitié d’une malheureuse dont le sort est plus à plaindre que vous ne pensez ; il est bien peu de revers qui puissent égaler les miens ; que la situation où vous m’avez trouvée ne vous fasse naître aucun soupçon sur moi ; elle est la suite de ma misère, bien plutôt que de mes torts ; loin d’augmenter les maux qui m’accablent, veuillez les diminuer en me facilitant les moyens d’échapper aux fléaux qui me poursuivent.

Le comte de Bressac (c’était le nom du jeune homme), entre les mains de qui je tombais, avec un grand fonds de méchanceté et de libertinage dans l’esprit, n’était pas pourvu d’une dose très abondante de commisération dans le coeur. Il n’est malheureusement que trop commun de voir le libertinage éteindre la pitié dans l’homme ; son effet ordinaire est d’endurcir : soit que la plus grande partie de ses écarts nécessite l’apathie de l’âme, soit que la secousse violente que cette passion imprime à la masse des nerfs diminue la force de leur action, toujours est-il qu’un libertin est rarement un homme sensible. Mais à cette dureté naturelle dans l’espèce de gens dont j’esquisse le caractère, il se joignait encore dans M. de Bressac un dégoût si invétéré pour notre sexe, une haine si forte pour tout ce qui le caractérisait, qu’il était bien difficile que je parvinsse à placer dans son âme les sentiments dont je voulais l’émouvoir.

– Tourterelle des bois, me dit le comte avec dureté, si tu cherches des dupes, adresse-toi mieux : ni mon ami, ni moi, ne sacrifions jamais au temple impur de ton sexe ; si c’est l’aumône que tu demandes, cherche

des gens qui aiment les bonnes oeuvres, nous n’en faisons jamais de ce genre… Mais parle, misérable, as-tu vu ce qui s’est passé entre Monsieur et moi ?

– Je vous ai vus causer sur l’herbe, répondis-je, rien de plus, monsieur,

je vous l’assure.

– Je veux le croire, dit le jeune comte, et cela pour ton bien ; si j’imaginais que tu eusses pu voir autre chose, tu ne sortirais jamais de ce buisson… Jasmin, il est de bonne heure, nous avons le temps d’ouïr les aventures de cette fille, et nous verrons après ce qu’il en faudra faire.

Ces jeunes gens s’asseyent, ils m’ordonnent de me placer près d’eux, et là je leur fais part avec ingénuité de tous les malheurs qui m’accablent depuis que je suis au monde.

– Allons, Jasmin, dit M. de Bressac en se levant, dès que j’eus fini, soyons juste une fois ; l’équitable Thémis a condamné cette créature, ne souffrons pas que les vues de la déesse soient aussi cruellement frustrées; faisons subir à la délinquante l’arrêt de mort qu’elle aurait encouru : ce petit meurtre, bien loin d’être un crime, ne deviendra qu’une réparation dans l’ordre moral ; puisque nous avons le malheur de le déranger quelquefois, rétablissons-le courageusement du moins quand l’occasion se présente…

Et les cruels, m’ayant enlevée de ma place, me traînent déjà vers le bois, riant de mes pleurs et de mes cris.

– Lions-la par les quatre membres à quatre arbres formant un carré long, dit Bressac, en me mettant nue.

Puis, au moyen de leurs cravates, de leurs mouchoirs et de leurs jarretières, ils font des cordes dont je suis à l’instant liée, comme ils le projettent, c’est-à-dire dans la plus cruelle et la plus douloureuse attitude

qu’il soit possible d’imaginer. On ne peut rendre ce que je souffris ; il me semblait que l’on m’arrachât les membres, et que mon estomac, qui portait à faux, dirigé par son poids vers la terre, dût s’entrouvrir à tous les instants ; la sueur coulait de mon front, je n’existais plus que par la violence de la douleur ; si elle eût cessé de comprimer mes nerfs, une angoisse mortelle m’eût saisie. Les scélérats s’amusèrent de cette posture, ils m’y considéraient en s’applaudissant,

– En voilà assez, dit enfin Bressac, je consens que pour cette fois elle en soit quitte pour la peur. Thérèse, continue-t-il en lâchant mes liens et m’ordonnant de m’habiller, soyez discrète et suivez-nous : si vous vous attachez à moi, vous n’aurez pas lieu de vous en repentir. Il faut une seconde femme à ma tante, je vais vous présenter à elle, sur la foi de vos récits ; je vais lui répondre de votre conduite ; mais si vous abusez de mes bontés, si vous trahissiez ma confiance, ou que vous ne vous soumissiez pas à mes intentions, regardez ces quatre arbres, Thérèse, regardez le terrain qu’ils enceignent, et qui devait vous servir de sépulcre ; souvenez-vous que ce funeste endroit n’est qu’à une lieue du château où je vous

conduis, et qu’à la plus légère faute, vous y serez aussitôt ramenée.

A l’instant j’oublie mes malheurs, je me jette aux genoux du comte, je lui fais, en larmes, le serment d’une bonne conduite ; mais aussi insensible à ma joie qu’à ma douleur :

– Marchons, dit Bressac, c’est cette conduite qui parlera pour vous, elle seule réglera votre sort.

Nous avançons ; Jasmin et son maître causaient bas ensemble ; je les suivais humblement sans mot dire. Une petite heure nous rend au château de Mme la marquise de Bressac, dont la magnificence et la multitude de valets qu’il renferme me font voir que quelque poste que je doive remplir dans cette maison, il sera sûrement plus avantageux pour moi que celui de la gouvernante en chef de M. du Harpin. On me fait attendre dans une office où Jasmin m’offre obligeamment tout ce qui peut servir à me réconforter. Le jeune comte entre chez sa tante, il la prévient, et lui-même vient me chercher une demi-heure après pour me présenter à la marquise.

Tremblements de textes

In 2.4- Théâtre, 4- Rencontres/événements on 7 décembre 2011 at 10:05
Fence

bibliothèque Denis Diderot de Bondy, lieu de ma résidence d'auteur et d'accueil de FENCE

Très bientôt, mes amis de Fence (réseau international d’auteurs de théâtre) viennent me rejoindre dans ma résidence de compagnie et d’auteur à Bondy pour y réaliser le 14eme meeting du réseau. Nous nous retrouverons pour, comme à notre habitude, y travailler autour des questions de l’écriture théâtrale et sur le thème général du « tremblement de terre », suite de cette thématique qui nous a réunis en novembre dernier en Guadeloupe pour notre 13eme meeting, en collaboration avec l’association ETC_Caraïbe. Nous y lirons des textes produits dans la collaboration internationale de 40 auteurs, mais aussi des textes écrits sur ce même thème par des lycéens de Bondy qui ont travaillé avec Kazem Sharyhari et moi même dans des ateliers d’écriture. Ce sera du 13 au 17 décembre.

Programme:

-Le 13 décembre, carte blanche de Fence à la Maison de l’Europe et de l’Orient, 19h

-Le 14 décembre, séminaire à Bondy et lecture publique de textes à l’espace Chauzy de Bondy (19h 30)

-Le 15 décembre, séminaire entre auteurs, à Bondy  dans la journée et le soir, rencontre à l’Espace 1789 de Saint-Ouen autour de 4 courts-métrages  de Kazem Shahryari intitulés Air Taxi, et débat avec le public (18h)

– Le 16 décembre, rencontre à la SACD avec les auteurs de l’association EAT (écrivains associés du théâtre), du BAT (billet des auteurs de théâtre), les responsables de l’action culturelle de la SACD de 10h à 17h. A 19h, lectures publiques à la bibliothèque Denis Diderot de Bondy.

-Le 17 décembre 10h/16h, séminaire suite et fin. 17h lecture publique à la bibliothèque Denis Diderot de Bondy

Histoire bondynoise:
Vers 1775, Justine, renvoyée à douze ans du couvent parce qu’elle est soudain devenue orpheline et pauvre, mène, à Paris, une vie de misère et de combats pour sa vertu. Faussement accusée de vol par son maître, l’usurier Du Harpin, elle s’évade à seize ans de la Conciergerie, mais c’est pour courir au-devant d’un viol dans la forêt de Bondy.

Eh oui, c’est là que l’infortunée Justine de Sade a été violée. Mais n’ayez pas peur, gentes demoiselles, il n’y a plus de forêt à Bondy…non…non… non…