Le fémur de Sarkhozy

Il suffit que je quitte Bondy pour que la ville prenne feu. Même chose lors des émeutes du 27 octobre 2005 (curieux anniversaire) où je me la coulais douce dans les îles. De sorte que je ne vois jamais qu’un Bondy paisible, ce qui est normalement le cas loin des feux des médias. Chose étrange : la conduite de gaz a pris feu exactement au même endroit où, il y a deux ans, on a trouvé des restes humains datant de l’époque mérovingienne à l’occasion de travaux de fondations pour un nouvel immeuble (une nécropole de deux cents dépouilles d’hommes et de femmes enterrées entre le Ve et le XXe siècles avant JC, ce qui fait de ce lieu l’une des plus importants sites mérovingiens d’Ile de France). On a dû stopper immédiatement les travaux pour laisser place à une fouille archéologique en bonne et due forme. C’est ce que raconte le bondyblog (http://20minutes.bondyblog.fr/news/de-l-archeologie-a-bondy) qui présente la photo d’un jeune Bondynois moderne tenant le fémur d’un Bondynois ancien. Choc du temps et de l’espace. Un ancien habitant ( Allain, Goth ou Visigoth, peut-être) venu de l’Est, tenu par un « Ostrogoth » français apparemment originaire du Sud (un écartelé, puisque ostrogoth signifie Goth de l’Est, mais passons). Heureusement pour les Allains et autres envahisseurs de Gaulois, on n’avait pas encore découvert l’ADN. Ce qui leur a permis d’être génétiquement nos ancêtres. Quel type de français tiendra dans 4000 ans le fémur de Sarkhozy?
To be french or not to be… « On ne fait pas d’Hamlet sans casser des oeufs » nous dirait l’ex Sinistre de l’Intérieur. A propos de crânes tenus en main (beau sujet de Toussaint), je me dis que c’est peut-être le même promoteur immobilier qui est victime de la conduite de gaz explosée et des fémurs exposés. Il y a de quoi alimenter les fantasmes des amateurs d’histoires d’épouvante du style La vengeance de la Momie. Et peut-être bien que c’est la même qui a mis le feu aux banlieues il y a peu. Allez donc savoir. Sarkhozy devrait mener l’enquête.

Mais sans rire, c’est une véritable horreur qui aurait pu être encore plus épouvantable. J’en frémis en pensant aux centaines de lycéens qui, deux jours avant, passaient par là, sur le chemin du lycée.

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