Grève des auteurs, scenario catastrophe

Bientôt la fonction publique en grève, trains et RER bloqués, grève du zèle de policiers grognons, arrêts de travail à répétition. Blocages à tous les étages, râles et pleurs, exaspération, chahuts et manifestations. Un novembre noir en perspective. Qu’on se console en se disant que tout cela n’est que roupie de sansonnet à côté de ce qui menace aux USA : une grève des auteurs.
Oui, une grève des auteurs dont le foyer ardent est Hollywood et qui enflammera comme une traînée de poudre l’ensemble du paysage audiovisuel américain. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais les conséquences en sont incalculables. Des animateurs de talk-shows tout à coup bredouillant sans les papiers livrés par les auteurs, des séries en panne et des suites en suspens. Comment saucissonner sans saucisson ? Les annonceurs s’alarment et les médias sont en émoi. L’angoisse de la page blanche s’abat sur l’Amérique comme une neige de cauchemars. Plus de sang à sucer au grand bal des vampires. Plus de cerveaux disponibles pour y glisser sa paille de sodas lourds ou light King size ou en faire des rillettes à hamburger. Et si ces cerveaux là, laissés à leur ennui, débranchaient tout à coup les deux électrodes hifi branchées dans chaque oreille et reliées autour du crâne ? S’ils écoutaient pour le malheur des annonceurs le son du monde et non cette bouillie musicale directement sucée des produits à consommer qu’ils avalent tous les jours par gigatonnes d’images lisses hyper pixellisées ? S’ils arrêtaient subitement de rêver (faute de scenarios disponibles) des rêves à consommer tout frais, et se faisaient leurs propres rêves et scénarios en regardant sur leur chemin passer le monde, ou mieux encore, en lisant ?
Ce serait sans doute pour ce monde unidimensionnel s’enfilant des histoires comme on enfile des perles, une catastrophe qu’aucun scénariste de film à gros budget ne peut imaginer. Le ferait-il d’ailleurs, ce serait là scier la branche où sont posés les auteurs, oiseaux chanteurs à beaux ramages, et beaux plumages et gros fromages. Car il est clair qu’une grosse partie de cette économie de consommation repose sur le savoir faire des raconteurs d’histoires.

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