Le plein du vide et les particules de dieu

Le vide est-il plein ? C’est la grande interrogation des physiciens aujourd’hui qui sont à la recherche de la matière absente de l’univers. On sait aujourd’hui que toute la matière connue et visible (étoiles, planètes, météores, galaxies…) ne représente que 4% de la masse totale de l’univers. Où se cache donc le reste ? La méga-montre à remonter le temps du LHC enterrée à 100 mètres sous la frontière franco-suisse a notamment pour objet de rechercher une part de la masse manquante de l’univers qui se cacherait dans les bosons de Higgs qui sont des particules élémentaires appelées aussi particules de Dieu. Elles tiennent leur nom d’une singularité : elles n’ont pas de masse propre, mais c’est elles qui donnent la masse de la matière. En cassant la matière avec ce gigantesque marteau que constitue l’accélérateur de particules du LHC, on devrait donc avoir accès par défaut à une partie de cette masse manquante générée par ces particules de dieu. Mais on estime qu’il s’agirait de 25 à 27% de la masse inconnue de l’univers. Donc 4% de masse connue + 27% de masse saisissable par défaut = 31%. Où sont donc les 69% restants de cette masse insaisissable? Réponse : dans le vide. Dans le vide ? Oui, le vide aurait en soi une masse. Autrement dit, le vide serait plein, plein d’énergie. Tangage et roulis, tourbillon et vertige. La science rejoint la pensée zen ! Le patriarche Hui Neng disait :

Wang Wei
Wang Wei

« Le vide contient le soleil, la lune, les étoiles, la grande terre, les montagnes, les rivières, les arbres, les herbes, les hommes bons, les hommes mauvais, les bonnes choses, les mauvaises choses, le paradis, l’enfer. Tous sont dans le vide. Le vide de la nature de l’homme est de la même sorte. » Wang Wei, le grand poète chinois du 8è siècle, parlait du « plein du vide », titre d’un de ses recueils de poèmes (édité chez Moundarren, avril 1991). Mon amie compositrice XU YI, admiratrice de ce poète s’en inspira pour une pièce musicale éponyme. Nous avions elle et moi, beaucoup parlé ensemble de cette notion de plein du vide d’un point de vue philosophique et poétique, et voilà que la science est en passe d’en prouver l’existence. Aujourd’hui on me questionne sur ma pièce de théâtre « Le ciel est vide » en me disant que paradoxalement il paraît bien plein. Quoi d’étonnant ?

Lao Tseu, « Tao Te King »

XI
Trente rayons autour d’un moyeu :
Le vide central fait l’unité du chariot
On moule l’argile en forme de vase :
Le vide du vase en fait l’unité.
Une maison est percée de portes et de fenêtres :
Ces vides font l’unité de la maison.
Ainsi tirons-nous avantage de quelque chose :
Le rien en fait l’unité

XL
Le retour est le mouvement de la Voie ;
La faiblesse est la méthode de la Voie.
Les dix mille êtres sous le Ciel
sont issus du « il y a » (yu) ;
Le « il y a » est issu du « il n’y a pas » (wu)

Tchouang-tseu

IV
Le souffle qui est le vide peut se conformer aux objets extérieurs. C’est sur le vide que se fixe le Tao. Le vide, c’est l’abstinence de l’esprit.

XIII
Le vide, la tranquillité, le détachement, l’insipidité, le silence, le non-agir sont le niveau de l’équilibre de l’univers, la perfection de la voie et de la vertu.

XXII
Ce qu’on appelle la plénitude et la vacuité, la décadence et la diminution ; contenu dans la plénitude et dans la vacuité, Lui (le Tao) n’est ni plénitude ni vacuité ; Lui n’est ni plénitude ni vacuité.

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Un commentaire

  1. Un conte étroitement corrélé aux travaux en cours au CERN et les particules de dieu.

    L’odyssée Ora et Gad

    En 263 av. J.-C., au clair croissant de lune d’un matin bleu fluorescent, une trière à trois volées de rameurs retourna son éperon vers Rhodes, chef-lieu du colossal dieu Hélios surplombant le havre de Mandraki, statue qui fredonne le chant du marinier selon le vent du large. En passant par l’orientale Lydie, héritière des harems assyriens, la trière-école mouilla l’ancre de plomb et de bois et par incantations rituelles y débarqua un moussaillon homérique, à son insu au vaillant cœur du fils de mère Zilpah : Gad, jeune apprenti voyageur aux ailes naissantes.

    Ora et Gad, rajeunis grâce au jardin parfumé de l’érudite Alexandrie, sous la Grande Ourse et aux abords de l’île Pharos, gravirent la spirale infinie allant à Poséidon. En plein ciel leur sang ralentit et le sol dépeignit, à pinceau tendre, l’Olympe peuplée de végétaux et d’oiseaux. Ora, fascinée, s’adossa contre la chaude épaule d’un triton-lanterne perché à l’angle du paradis. Ainsi, par art de féerie, le mi-humain en bronze appareilla la voile du grand mât de leur galère illicite, sur l’eau au démiurge soleil de la pensée, au port-saint d’eternels yeux attentifs.

    Aux marécages à l’ouest des bouches du Nil, les deux époux ayant à l’aube orné les oreilles de l’univers au cours d’une cantilène à Sirius, dans la foudre et les éclairs, furent chavirés par le déferlement d’une vague d’argent. Cela en revenant d’Egypte et du pays de leurs ancêtres. Sans faire de remous face au sort subit qui les attendait, bouleversé il questionna, elle pria, il conjura Zeus, Hadès et ses flots sans gêne, oint de l’huile d’olive surnageant l’écumante toge blanche du naufrage. Gad, bien sec et langé, vit apparaître le visage de mère Zilpah. Il sourit.

    Enclavé dans la mirifique arche en acacia, les dix météoriques injonctions de l’enseignement, effacée au tabernacle d’Akita, une admonition sévère et juste de la nazaréenne menuiserie, arraché vivement aux étoiles par les mains de huit anges, puis largué en chute libre tout le long du transept des Alliances, le solaire encensoir de fer et de feu vers la Terre glissera-t-il ?

    Du fin fond de la ceinture trans-neptunienne, Golgotha, le mythique Apophis brisé en dix parties, perça étincelant les blêmes cirrus du ciel. Fulgurant, le cortège aux roulements sourds des tambours se dirigea des sept collines de Rome aux ruines des sept lumières du mont Moriah. Alors, au tonnerre d’apocalypse et aux cris déchirants, le Maître – atrocement torturé pour sa bonté d’esprit et modernité en vue des cerveaux de tous les temps – vêtit de linceul la planète azur et exclut de sa coupe en étain les cafards obscurantistes des égouts de l’humanité.

    Au cosmos virtuel-concret, lieu de souveraineté à la fois ternaire et unique par perfection, sainteté et amour – créé par trois galaxies novatrices émigrées au continuum Oméga – le Royaume repeignit l’édifice de la science du Big Bang au bicolore diamant de la Genèse. Ora vit Gad exilé au ventre maternel par l’escalier de Jacob, s’idolâtrer à l’or perfide, se balancer au temple désavoué, parce que Lui, éclipsé par le trou noir tout au long de milliers de lunes, sabra l’ethnique bouteille de Klein et fit goûter l’omniscience à toutes les races d’Adam.

    À l’ordinateur subatomique, siège d’ex-mondes acquis en temps réel et reconstruits selon les transgressions individuelles, le libre arbitre mit en scène l’Homo Sapiens, chef-d’œuvre malgré les bestioles anti-humaines, relèves des non-voyants, car deçà et delà, exister, c’est aimer.

    En 277 av. J.-C., dans un harem émanant de subtiles odeurs au vent étésien, le roc lia les mémoires de Gad, noyé en 227, à ses propres selles vieux cuivre au sein de Zilpah en couches, parmi la Voie Lactée de femmes et hommes généreux et la voie lactée de la pierre rétroactive.

    Alain Cocarix

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