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Un alcatraz d’amour

In Chronique des matins calmes on 25 septembre 2008 at 10:32

Une île, une fleur, un anthurium. Rouge. Battant. Un cœur au milieu de la mer. Pétale, pétale unique éclos qui bat, qui bat au milieu de la mer. Une île cœur. Un Alcatraz d’amour. Ecoutons ce silence creusé dans la rumeur des vagues et le tumulte du monde. Un silence battant la musique du monde, le cœur du monde au cœur de l’océan. Un phare, un nénuphar, un sémaphore. Une brise, breeze, au milieu de la terre, earth. Une respiration, un souffle, breath. Heart, un cœur au milieu de la terre, earth. Juste l’h aspiré d’un petit déplacement. Un déplacement vers l’homme, un petit h, tout silencieux au cœur qui bat dans une mer de silence. Ejima est son nom. Le nom de l’île comme un lotus, cœur de sagesse battant de toutes les pulsations de tous ces petits h qui aspirent à faire l’homme comme ce gros cœur, earth, qui bat, bleu, qui bat au cœur de l’univers. C’est là, à Ejima que Christian Boltanski a conçu ce projet fou, cette symphonie pour l’homme seul et l’univers entier. Cette île au large du Japon est un catafalque où se déposent le son, le chant des cœurs, des cœurs battants de tous ces petits h si silencieux qui tous ensemble font cette musique inouïe qui veut s’appeler l’humanité. Des battements qui sont enregistrés pour une éternité dans des « archives du coeur« . Une bande magnitude au milieu des étoiles. Une pyramide sonore. Un sanctuaire à l’équateur des hommes. C’est là, dans la mer du Japon et dans ce sarcophage vivant, à Ejima, que se déplace le méridien de l’heure universelle se mesurant désormais aux battements irréguliers de cette musique infinitésimale comme l’océan aux vaguelettes imperceptibles qui font ensemble tout le fracas du monde déferlant. Le monde comme l’unité de la diversité à percevoir, de l’individu et de son coeur, du singulier, du sujet et de l’énergumène qui, par sa manière unique de battre le rythme de sa vie concourt à sculpter l’homme, cette somme irréductible à ses parties. C’est la parole de Diderot, Leibniz et Spinoza que l’on entend de nouveau dans cette musique qui naît comme un nouveau rameau à Ejima, une île, un phare, un nénuphar, un sémaphore, un pharaon.

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