Le cimetière des éléphants

A Denver, la nomination de Barack Obama comme candidat officiel du parti démocrate à la présidence des Etats Unis, est en train de reléguer la France, ex-pays colonial n’assumant pas son passé, au rang de vieille puissance recroquevillée sur elle-même, incapable de renouveler ses élites à l’image de sa réalité. Il pourrait fort bien y avoir en novembre prochain un homme noir président des Etats Unis alors que la France, bardée de surdiplômés originaires de ses ex-colonies, est même incapable, à part quelques exceptions notables, d’offrir à ces gens là les postes de responsabilité qu’ils méritent, à hauteur de leurs compétences. Paradoxe d’une république qui se targue de méritocratie. (Quel mot affreux !). Aujourd’hui, j’ai envie de crier, parodiant JF Kennedy à Berlin : « Je suis Américain ». Et je suis certain qu’une grande partie du monde a envie de le crier avec moi. Oui, avec Obama Président des Etats-Unis, c’est la face du monde qui en sera changée. C’est une révolution dont il s’agit. Les Etats Unis, pays éminemment capitaliste, sont en passe d’élire à leur tête le représentant de ceux sur la souffrance desquels le capitalisme s’est développé. Car il n’est plus un secret pour personne que le capitalisme s’est fondé sur le commerce triangulaire, sur la traite des noirs. Obama a de commun avec Toussaint Louverture qu’il a compris que pour changer l’histoire, il faut dépasser le piège de la couleur dans laquelle les noirs et la négritude furent enfermés. Comme le pensait Toussaint Louverture, la liberté des noirs, ne peut s’entendre sans celle des blancs. C’est là un saut qualitatif qui ravale au rang d’absurdité le fameux concept de deuxième terme du matérialisme historique : la dictature du prolétariat qui eut pour avatar aux Etats-Unis le fameux black power. C’est aux Etats-Unis que se fait la marche de l’histoire comme, c’est dans la banlieue qu’elle se prépare. C’est clairement ce que m’ont dit à Los Angeles ces cinéastes noirs américains qui voient dans le 93, le lieu où « ça » se passe. Mais aujourd’hui, les socialistes et communistes ouvrent tranquillement leur université d’été. Drôle de pays où il n’existe qu’une seule race d’éléphants : les éléphants blancs. Laissons les danser sur leur puissance, laissons les s’entre admirer de leur mémoire arrogante qui ne voit le présent que par la trompe du passé, et fermons derrière eux les portes du cimetière des éléphants.

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